Groupe de parole : Grosseur et transidentité, dimanche 27 novembre 18h

Dans un cadre bienveillant et safe (le groupe sera animé par une personne transmasculine bénévole de Gras Politique), nous aborderons le sujet de l’intersection entre la grosseur et le genre, entre grossophobie et transphobie.
Comment se questionner sereinement sur son genre quand notre corps est déjà pensé hors de la norme ? Comment aborder les étapes médicales possibles d’une transition dans un climat de grossophobie médicale ? Comment trouver les bonnes ressources ?
Ce groupe de parole concerne les personnes grosses et non cisgenres, ou les personnes grosses qui se questionnent sur leur genre.
Ce groupe de parole n’est pas un groupe de parole pédagogique pour les allié.e.s.
Rejoignez-nous le : Dimanche 27 novembre 2022 à 18h
Vous recevrez le lien de connexion suite à votre inscription, dans le mail-billet.
Pour rappel : Les groupes sont informels et ne sont pas organisés par un·e thérapeute. Nous nous appuyons sur la communauté et le partage de nos expériences.

 

Appel à la manifestation : 19 novembre 2022

Le samedi 19 novembre, Gras Politique appelle à la manifestation pour la fin des violences sexistes et sexuelles à Paris, et à honorer le 25 novembre, date de la journée mondiale de lutte contre les violences à l’égard des femmes.

Nos grosses vies comptent autant que les vôtres, il est urgent de prendre en compte la spécificité des discriminations liées au corps gros pour que toutes les femmes et que toutes les personnes violentées par les hommes et le patriarcat puissent trouver un véritable refuge au sein de toutes les associations féministes, dont nous reconnaissons l’immense travail sur les autres terrains de lutte.

Dire la sororité ne nous suffit plus, nous voulons vous former, nous voulons vous parler, nous voulons être reconnues par nos soeurs et nos adelphes de lutte. 

Gras Politique rappelle que les femmes grosses subissent des violences spécifiques liées à la grossophobie, et encourage vivement les associations féministes à ne pas oublier les victimes de la grossophobie dans leurs décomptes. 

La grossophobie est une discrimination qui frappe d’abord les femmes et les minorités de genre, toutes celles et ceux qui sont soumis.e.s aux violences patriarcales, toutes celles et ceux qui dérogent à l’ordre du corps performant et bankable, toutes celles et ceux qui sont humilié.e.s dans leurs parcours de soins à cause de leurs poids, toutes celles et ceux dont on refuse de prendre la plainte pour viol car ‘on ne viole pas les monstres’, toutes celles et ceux à qui on refuse la contraception sous prétexte de leur apparence, toutes celles et ceux qui n’osent pas dire les violences trop persuadé.e.s d’être interdit.e.s de dignité, toutes celles et ceux qui vivent des parcours de maternité, de parentalité ou de transernité interdits ou mis en danger par la grossophobie médicale et le manque de moyens accordés à la prise en charge des corps gros, toutes celles et ceux qui se verront opposer leurs poids comme argument refus à l’humanité, toutes celles et ceux qui se verront empêché.e.s dans la prise en charge de leurs maladies chroniques, dans l’amélioration de leurs vies, dans leurs parcours de transitions, pour cause de surpoids et d’obésité. 

Les victimes de viols et de violences sexistes et sexuelles grosses sont nombreuses, mais elles sont mal aidées, mal connues, mal comprises et mal écoutées. La grossophobie rampante qui persiste partout dans notre société, dans nos institutions judiciaires comme médicales, dans nos associations féministes comme dans nos milieux LGBTQI+ est une honte. Votre silence est une honte.

Nous appelons donc à manifester le 19 novembre à Paris suite à l’appel de Nous Toutes, mais nous n’oublions rien de vos oublis, de vos arrangements, de vos invisibilisations de nos luttes, de nos drames, de nos douleurs et de nos existences. 

Nous les gros.se.s, nous sommes puissant.e.s, nous sommes fier.e.s, et nous ne nous laissons plus faire. 

 

Groupe de parole : santé reproductive et sexuelle, 23 octobre 2022 18h

Dans un cadre bienveillant et safe (nos deux bénévoles y veilleront), nous aborderons le sujet encore trop tabou de la santé reproductive et sexuelle, toujours en lien à la grossophobie.
Grossesse désirée ou non, contraception, protection, grossophobie médicale, SOPK, consentement, autant de sujets à aborder ensemble !
Ce groupe de parole aura lieu en non-mixité : les hommes cisgenres ne sont pas les bienvenus, une prochaine fois :)
Rejoignez-nous le : Dimanche 23 OCtobre 2022 à 18h.
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Pour rappel : Les groupes sont informels et ne sont pas organisés par un·e thérapeute. Nous nous appuyons sur la communauté et le partage de nos expériences.

[Signataire] Tribune : Pour une alliance féministe et trans

 

Retrouver la tribune ici et sur Mediapart

Suite à la publication par le Planning Familial d’une affiche à destination des hommes trans dans le cadre de leurs grossesses, des militantes s’opposant aux droits des personnes trans au nom du féminisme signaient, ce 22 août, une lettre ouverte adressée à la Première ministre, Élisabeth Borne, dans l’hebdomadaire Marianne.

Nous, féministes, refusons cette instrumentalisation des droits des femmes, luttons contre toute opposition entre féminisme et luttes trans et condamnons sans appel ces discours s’inscrivant dans une offensive réactionnaire.

L’utilisation d’arguments fallacieux

Les militant·es anti-trans dénoncent une essentialisation des femmes de la part d’un prétendu « transactivisme », tout en réduisant les femmes à leurs simples organes génitaux. Cette définition contredit la majorité des écrits féministes produits depuis les années 1960. On ne naît pas femme, on le devient. De même, ce que l’on désigne comme le sexe recouvre un ensemble de facteurs qui dépasse la binarité imposée depuis des siècles.

Être une femme ne découle pas de la seule assignation sexuée, mais d’une exploitation qui prend plusieurs formes : économique, domestique, sexuelle. Ainsi, contrairement à ce que prétendent les militant·es anti-trans, les femmes trans sont aussi exposées à ces exploitations et aux violences sexistes et sexuelles. Il n’y a pas de condition universelle de “la femme” mais un ensemble d’expériences diverses selon les positions sociales de chacune.

En faisant reposer leur argumentaire sur la méconnaissance du grand public des luttes et vécus des personnes trans, les militant·es anti-trans diabolisent les parcours de transition. Iels font preuve d’une malhonnêteté intellectuelle jouant notamment sur la peur vis-à-vis des enfants trans. La dysphorie de genre deviendrait alors un trouble mental, les opérations, des mutilations, et le soutien du personnel médical et de la communauté trans, des thérapies de conversion. Comme lors du mariage pour tous, la protection des enfants devient un faux-nez derrière lequel iels se cachent pour peser dans le débat public contre les personnes trans.

Les droits trans sont indissociables des droits des femmes

La période politique actuelle voit un violent retour de bâton s’abattre sur les droits des femmes, alors que le gouvernement français maintient en poste des ministres accusés de viols. Ailleurs dans le monde, le droit à l’avortement est bafoué, en Pologne et aux États-Unis notamment. Avec 89 député·es RN à l’Assemblée nationale, nous ne sommes pas exempts d’une attaque d’une telle ampleur. Il est plus que jamais important de ne pas se tromper de combat.

Aux États-Unis, l’attaque sur le droit à l’avortement a été précédée par de nombreuses lois anti-trans : dans l’Ohio, la loi Save Women’s Sports Act prévoit qu’en cas de doute sur le sexe d’une élève, celle-ci doit subir un examen intrusif pour prouver son sexe. Dans tous ces cas, il s’agit d’une attaque sur le droit des personnes à disposer de leur corps. L’arrivée d’attaques similaires contre les personnes trans en France nous laisse présager un sort semblable à celui des États-Unis.

La vision essentialiste des femmes que promeuvent les militant·es anti-trans est partagée par les théoricien·nes réactionnaires et les masculinistes. Il n’y a pas de surprise à ce que ces deux groupes aient coopéré et que l’extrême droite soit le premier relais des publications anti-trans.

Quelles perspectives pour les mouvements féministes et trans ?

Peu importe que les transitions paraissent incompréhensibles ou abstraites, les personnes trans ne sont pas un exercice de pensée destiné à interroger ce qui définit les rôles masculins et féminins.

La situation politique actuelle oblige le mouvement féministe à se positionner en soutien des revendications des personnes trans. Assister sans prendre parti n’est pas une option. Ne pas se revendiquer anti-trans ne suffit pas, il faut activement exiger avec les trans et avec les féministes, l’émancipation trans.

Nous revendiquons l’autonomie des parcours de transition, la simplification de l’accès aux procédures administratives, la formation du personnel de santé, l’accès aux soins de transition et le remboursement intégral.

Nous demandons l’ouverture réelle de la PMA aux personnes trans et la facilitation de la filiation administrative pour les parents trans.

Nous appelons à un soutien massif aux associations venant en aide aux personnes trans et à une hausse des subventions pour garantir la pérennité de leurs actions.

Nous défendons une approche matérialiste des questions trans, c’est-à-dire qui ne soit pas empêtrée dans une approche essentialiste de la féminité, se basant sur les expériences des personnes trans et non sur ce qu’en fantasment les réactionnaires.

Nous réclamons de la part de la presse et des médias qu’ils prennent leur responsabilité dans la manière dont ils ont de représenter et de diffuser les discours sur les personnes trans.

Nous exigeons un soutien clair, économique et institutionnel des acteurs politiques aux personnes trans et à leurs droits.

Nous nous dressons contre l’instrumentalisation par intérêt anti-trans des parcours des lesbiennes et des personnes qui ont détransitionné.

Nous nous opposons à la discorde que certain·es essayent de pousser entre féminisme et droits trans.

Nous appelons au soutien actif de toutes les forces se revendiquant du féminisme envers les personnes trans.

Voir les signataires

Notes :

1. Butler, Judith, Trouble dans le genreLe féminisme et la subversion de l’identité, 1990, trad. Cynthia Kraus, La Découverte, 2005.

2. https://williamsinstitute.law.ucla.edu/press/ncvs-trans-press-release/ consulté le 26/08/22 à 16h40.

3. https://www.mediapart.fr/journal/france/170522/mineurs-trans-des-groupuscules-conservateurs-passent-l-offensive consulté le 26/08/22 à 16h15.

4. https://www.liberation.fr/politique/affaire-abad-un-doute-qui-naurait-pas-du-etre-ignore-20220523_2RFUBX25V5GWVFQMIG4IF5LCYY/ consulté le 26/08/22 à 16h24.

5. https://www.cnbc.com/2022/06/24/roe-v-wade-overturned-by-supreme-court-ending-federal-abortion-rights.html consulté le 26/08/22 à 16h43.

6. Save Women’s Sports Act, consulté le 26/08/22 à 16h35. https://web.archive.org/web/20220605055717/https://search-prod.lis.state.oh.us/solarapi/v1/general_assembly_134/bills/hb151/PH/02/hb151_02_PH?format=pdf

7. https://wikitrans.co/2020/01/12/commencer-un-traitement-hormonal/, consulté le 26/08/22 à 17h46.

8. https://www.liberation.fr/societe/sexualite-et-genres/detransitions-de-genre-jen-ai-marre-quon-dramatise-comme-si-cetait-la-fin-du-monde-20220712_RS5SX5IF3NALXKEGPKQSACKESQ/ consulté le 02/09/2022

Groupe de parole : Partir en grosses vacances, dimanche 25 septembre à 18h

En ce mois de septembre, synonyme de retour de congés pour beaucoup d’entre nous, Gras Politique fait sa rentrée.
Quoi de plus logique, donc, que de proposer un temps d’échange, via Zoom, sur le thème des vacances !
Dans un cadre bienveillant et safe (nos deux bénévoles y veilleront), nous aborderons ensemble nos difficultés, nos victoires, nos vécus et pourquoi pas quelques astuces pour organiser et vivre de manière plus sereine les vacances quand on est gros.sses.
Rejoignez-nous le : Dimanche 25 Septembre 2022 à 18h.
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Grosse histoire : The Fat Liberation Manifesto

The Fat Liberation Manifesto

Manifeste pour la Libération des Personnes Grosses

Judy Freespirit et Aldebaran

 

Le Fat Underground est une organisation qui a agi comme un catalyseur dans la création et la mobilisation du mouvement “Fat Liberation”. Basé à Los Angeles dans les années 1970, le Fat Underground s’est battu pour abolir  les pensées et pratiques discriminatoires dans différents aspects de la société. Ces pratiques discriminatoires comprenaient celles des médecins et autres professionnels de la santé qui perpétuaient les habitudes malsaines encouragées par la culture des régimes. Cette approche de la réforme de la profession de santé découle des racines du Fat Underground dans le mouvement Radical Therapy, qui cherchait à réformer les professions de la santé mentale. Selon la rhétorique du mouvement Radical Therapy, les personnes atteintes de maladie mentale ne devaient pas supporter le fardeau de se changer. Nous sommes plutôt censés changer la stigmatisation entourant la santé mentale. Cette idéologie « changer la société, pas nous-mêmes » était à la base d’une grande partie de l’activisme du mouvement “Fat Liberation”.

En novembre 1973, Judy Freespirit et Aldebran ont publié le “Fat Liberation Manifesto” au nom du mouvement “Fat Underground”. Un manifeste est une déclaration écrite qui explique publiquement les intentions et les opinions de celui qui l’a publié. Dans ce cas, le manifeste décrit les ambitions et les vues du Fat Underground, qui prend la liberté de parler au nom de toutes les personnes grasses. Judy Freespirit et Aldebaran, membres pionnier.e.s du Fat Underground, ont conçu ces sept points pour solidifier les idées du mouvement “Fat Liberation” et terminent par un appel à l’action. Le manifeste établit d’abord que les gros ont droit à ce qu’on leur refuse au quotidien : « le respect et la reconnaissance humaine ». Les autres objectifs décrivent ensuite l’exploitation commerciale des corps gros par les entreprises et les institutions scientifiques. Ce manifeste a marqué un point clé dans le mouvement Fat Liberation car c’est l’une des premières fois qu’il y a eu un appel public à l’unification des grosses femmes et des grosses personnes dans un but commun. La rhétorique dictée dans ce manifeste donne le ton du mouvement.

En 1979, les membres du Fat Underground tournent une première vidéo revendicatrice documentant leurs luttes. Vous pouvez la regarder ici :

 

Le FAT MANIFESTO :

1. NOUS croyons que les personnes grosses ont entièrement droit au respect humain et à la reconnaissance.

2. NOUS sommes révoltées par le mauvais traitement qu’elles subissent à des fins commerciales et sexistes. Ils font de nos corps des objets de ridicule et créent ainsi un immense marché lucratif en vendant de fausses promesses pour venir à bout de ce ridicule.

3. NOUS concevons notre lutte en solidarité avec les luttes des autres groupes d’opprimées qui luttent contre le racisme, le sexisme, les classes sociales, l’âgisme, le capitalisme, l’impérialisme et tous leurs semblables.

4. NOUS exigeons l’égalité des droits pour les personnes grosses dans tous les domaines tel que cela est prévu par la Constitution des États-Unis. Nous exigeons l’accessibilité à tous les produits et services du domaine public ainsi que l’élimination de toute forme de discrimination que nous subissons dans les domaines de l’emploi, de l’éducation, des services publics et des services de santé.

5. NOUS dénonçons comme notre principal ennemi toute l’industrie dite de l’amaigrissement. Ceci inclut tous les clubs de diète, les salons d’amaigrissement, les médecins spécialisés dans l’obésité, les livres de diète, les produits diététiques ou les suppléments diététiques, les interventions chirurgicales, les médicaments “coupe-faim”, toutes les pilules et les gadgets tels que les machines amaigrissantes. Nous exigeons que l’industrie dite de l’amaigrissement prenne ses responsabilités face à ses fausses déclarations, qu’elle reconnaisse que ses produits sont nuisibles à la santé publique, et qu’elle publie des résultats d’études statistiques de longue durée démontrant l’efficacité de ses produits. Nous posons ces exigences en sachant très bien que, lorsqu’on les évalue sur une période de cinq ans, plus de 99 % des programmes d’amaigrissement sont un échec total et qu’il est prouvé que les gains et les pertes de poids importants et successifs sont très dommageables.

6. NOUS dénonçons cette science mystificatrice qui prétend, à tort, que nous ne sommes pas en bonne santé. Elle est l’origine à la fois de la cause et du maintien de la discrimination que nous subissons, en plus d’aller de concert avec les intérêts financiers des compagnies d’assurance, de l’industrie de la mode et du vêtement, de l’industrie de l’amaigrissement, des industries alimentaire et pharmaceutique ainsi que de l’establishment du pouvoir médical et psychiatrique.

7. NOUS refusons d’être subjuguées dans le but de servir les intérêts de nos ennemis. Nous proclamons notre pouvoir sur nos corps et sur nos vies. Nous nous engageons nous-mêmes à poursuivre ces buts ensemble. PERSONNES GROSSES DE LA TERRE, UNISSONS-NOUS ! NOUS N’AVONS RIEN À PERDRE…

• Tiré de Schoenfielder, Lisa and Wieser, Barbara (ed.), Shadow on a Tightrope. Writings by Women on Fat Oppression, Iowa City, Spinsters Aunt Lute Book Company, 1983, 260 p.

• Copyright 1973 by The Fat Underground

• Traduction : Louise Turcotte, issue du fanzine Oppression et Libération de la Grosseur