Rencontre et ateliers – Auto-défense médicale #LesPatientEsOntDesDroits

Table-ronde, stands et ateliers réunissant autour de l’auto-défense médicale et de la politisation de nos conditions en santé

Evénement  organisé par l’association Obsmed et accueilli par la Cité Audacieuse dès 18h00 – 9, rue Vaugirard 75006 Paris

18h00 : accueil, stands associatifs avec Interlopes collectif intersexe, Super Endogirl et l’Assemblée pour des soins populaires et anti-racistes.

18h30 – 19h30 : rencontres avec Gras PolitiqueCancer ColèreWinslow Santé Publique et de l’équipe du manuel Sang Tabou

19h30 – 20h30 : ateliers

Le guide Obs Med : Que faire en cas de violences médicales

Accessibilité et conditions sanitaires : 

Nous mettons tout en œuvre pour que cette soirée soit la plus accessible possible :

– Événement gratuit sur inscription

– Traduction LSF–FR par Mains Paillettes

– Port du masque obligatoire

– Distribution de masques et de gel hydroalcoolique

– Aération régulière des espaces

– Accès PMR

– Places assises disponibles

– Coin calme

– Coin enfant : N’hésitez pas à nous contacter pour toute demande particulière :  contact@obs-med.com

Aucun propos ou comportement oppressif ne sera toléré Obs Med modérera les échanges

 

Tribune collective : Refuser la perte de poids comme politique de santé publique

Face à la déferlante des médicaments amaigrissants, la Fédération de lutte anti-grossophobie tire la sonnette d’alarme.

Ces dernières années, les traitements injectables contre l’“obésité”, comme l’Ozempic ou le Wegovy, ont envahi les médias et les cabinets médicaux. Présentés comme des solutions miracles, ils s’inscrivent dans une logique marchande qui exploite la haine des corps gros.
Dans une tribune publiée sur Mediapart, la Fédération de lutte anti-grossophobie, un collectif formé d’associations et de militant.e.s luttant contre la grossophobie, appelle à refuser que la perte de poids devienne une politique de santé publique.

Grossophobie systémique, profits colossaux

Les personnes grosses subissent chaque jour des discriminations : refus de soins, moqueries, pathologisation systématique. Cette violence crée un terrain idéal pour que les laboratoires pharmaceutiques imposent leurs produits comme “solutions”.

Le marché de la minceur prospère sur une société malade de sa haine des gros·ses. Et pendant qu’on promet un “nouveau corps”, on oublie de garantir un accès égal aux soins, du matériel médical adapté ou une réelle écoute des patient·es.

Promesses miracles, risques bien réels

Ces traitements, censés “réguler l’appétit”, provoquent des effets secondaires graves : nausées, carences, perte de masse musculaire, pancréatites aiguës, troubles digestifs, voire décès.

Au Royaume-Uni, plus d’un million et demi de personnes utilisent ces médicaments ; les autorités y recensent des centaines d’hospitalisations et plusieurs morts.


À cela s’ajoutent les conséquences psychiques : troubles anxieux, dépression, comportements suicidaires.

Derrière le discours du “bien-être”, il y a donc une violence médicale et symbolique.
Et une idée fausse : maigrir ne rend pas forcément en meilleure santé.

Changer de paradigme

 L’IMC ne dit rien des inégalités d’accès aux soins, des conditions de vie, de la santé mentale ou du stress social.

Refuser la perte de poids comme politique publique, c’est :

  • revendiquer une santé fondée sur la dignité et l’inclusion ;
  • former les soignant·es à la lutte contre la grossophobie ;
  • adapter les équipements médicaux à tous les gabarits ;
  • interdire le marketing mensonger des produits amaigrissants ;
  • et surtout, écouter les personnes concernées.

Pour une santé qui soigne, pas qui humilie

Tant que la santé publique restera obsédée par la minceur, elle participera à la violence grossophobe.
Ce que nous défendons, c’est une santé pour toutes et tous, libérée des injonctions à la perte de poids, centrée sur le bien-être, l’accès, la justice et la dignité.

📎 Lire la tribune complète sur Mediapart :
 Refuser la perte de poids comme politique de santé publique

Le violentomètre de la grossophobie médicale

Et si tu pouvais savoir quand la grossophobie médicale commence ?

C’est ce que propose notre nouvel outil : l’échelle de la grossophobie médicale, un violentomètre conçu par Gras Politique pour aider les personnes grosses à identifier les violences qu’elles subissent dans le système de santé.

Parce que la grossophobie médicale n’est pas toujours spectaculaire :
elle peut prendre la forme d’un conseil “bienveillant” pour “bouger plus, manger moins”, d’un matériel non adapté jamais remplacé, d’un retard de diagnostic, d’un refus de soin ou même d’un geste invasif non expliqué.

Sur cette échelle, chaque situation est placée du banal au brutal :
de la simple remarque culpabilisante à la violence institutionnelle — refus d’anesthésie, de PMA, ou d’intervention d’urgence.

Cet outil n’est pas un test, mais un repère.
Un moyen de nommer ce que beaucoup vivent sans toujours pouvoir le formuler.
Un appel à la vigilance pour les patient·es comme pour les soignant·es.

👉 Utilise cette échelle pour repérer la grossophobie médicale, en parler, t’en protéger, et faire valoir ton droit à des soins dignes et adaptés.

📎 Télécharge le violentomètre ici en pdf

Merci au collectif GRASbuge pour le coup de main graphique !

Gras Politique te paie un verre à la Mutinerie !

L’équipe de Gras Politique te propose une rencontre informelle à la Mutinerie le dimanche 24 novembre à partir de 18H.

Pour l’occasion, on te paie un verre ! Avec un système de jetons et dans la limite des stocks disponibles bien sur !

Rendez-vous dès 18h à la Mutinerie 176 rue Saint-Martin à Paris !

 

Gras Politique x Intersyndicale Femmes

Gras Politique a eu la chance de recevoir l’invitation à intervenir de l’intersyndicales des femmes, composée de camarades de la CGT, de la FSU et de Solidaires.

Notre militante Daria Marx a pu intervenir devant une assemblée de 500 femmes syndicalistes pour évoquer la grossophobie. C’était un moment de solidarité et de partage précieux.

Ensemble, et avec les questions des camarades, nous avons pu évoquer la grossophobie intime et systémique, mais aussi sa place dans nos organisations de gauche, et les progrès qu’il nous restait à faire.

Merci à l’Intersyndicale des femmes pour ce beau moment de partage !

 

 

 

Le problème avec The Whale

The Whale : c’est quoi la polémique ?

Le pitch : Dans une ville de l’Idaho, Charlie, professeur d’anglais souvent reclus, en obésité morbide, se cache dans son appartement et mange en espérant en mourir. Il cherche désespérément à renouer avec sa fille adolescente pour une ultime chance de rédemption.

Réalisateur : Darren Aronofsky

Scénario : Samuel D. Hunter

La polémique :

On pourrait penser que The Whale va permettre aux spectateur‧ice‧s d’être dans l’empathie avec Charlie, le personnage principal enfermé chez lui par des troubles du comportement alimentaire violents et victime d’une grossophobie ignoble.

Ca n’est pas le cas : le réalisateur s’assure, dans sa manière de tourner et de raconter l’histoire, que Charlie, l’homme très gros, passe pour un être faible et sans volonté.

Le nom même du film : The Whale (la baleine) est à double sens: d’une part, il fait référence à l’obsession de Charlie pour le roman classique Moby Dick. Mais il évoque surtout la grossophobie dont le personnage est victime et les moqueries dont il souffre.

Dès la première scène qui dépeint Charlie qui suffoque tout en se masturbant devant du porno gay, on comprend le ton du film : il s’agit de faire du gros un personnage avide, enclin à céder à toutes les tentations : c’est une vision profondément moraliste qui se pose sur Charlie. Les scènes humiliantes s’enchaînent sans répis : Charlie suinte de gras de poulet, Charlie tranpire à grosses gouttes en mengeant, Charlie est un ogre.

Ce qui est reproché au réalisateur c’est de dépeindre Charlie et sa grosseur de manière abusive et fantasmatique. Charlie devient un épouvantail qu’on agite pour faire peur aux personnes minces ou aux enfants : si tu manges des bonbons tu finiras comme le monsieur, seul, transpirant et proche de la mort à chaque mouvement. Charlie, c’est le cauchemar grossophobe de la société. Pas la réalité.

Il est intéressant de noter que Charlie est un personnage très gros et homosexuel. L’acteur choisi pour le jouer est mince et hétérosexuel. Il vient d’ailleurs de reccevoir l’oscar du meilleur rôle.

Brendan Fraser joue en portant un “fat suit”, un costume d’homme gros, après des heures de maquillage, d’effets spéciaux. Dans une société où les acteur‧ice‧s gros‧se‧s peinent à travailler, on peut se poser la question de sa légitimité.

Le film est un enchaînement de scènes très humiliantes, et filmées de manière crue et violente. Le corps de Charlie est là pour faire peur aux spectateur‧ice‧s.

Rien (ni personne) ne peut sauver Charlie de lui-même, voilà le message du film : les personnes grosses sont renvoyées à leur ignominie, à leur monstruosité, et à leur responsabilité dans leur malheur. La grossophobie des autres, les troubles mentaux de Charlie sont évoqués, mais sans suite.

Le réalisateur s’est exprimé à de nombreuses reprises pour dire qu’il était fier d’avoir fait un film qui compatit avec les personnes grosses. Pour répondre aux accusations de grossophobie, l’équipe du film répond en brandissant un partenariat avec une fondation de lutte contre l’obésité : l’OAC, Obesity Action Coalition. Quand on s’intéresse à cette fondation, on s’aperçoit qu’elle est financée principalement par : Allergan (une société de production d’anneaux gastriques), l’American Society for Metabolic Bariatric Surgery (une fondation pour la promotion de la chirurgie de l’obésité), Covidien (une société de promotion de la chirurgie de l’obésité), Eisai (un laboratoire qui fabrique un médicament contre l’obésité désormais retiré du marché), Vivus, un laboratoire qui fabrique un médicament contre l’obésité. Ce n’est donc pas une fondation de lutte pour la meilleure prise en charge médicale des personnes grosses ou contre la grossophobie, mais une fondation de promotion de l’amaigrissement par des méthodes dangereuses. 

Le film a donc une vision vraiment grossophobe, comme le rétorque l’activiste Aubrey Gordon : “Si la seule façon d'”humaniser” une personne très grosse est de la regarder, humiliée, terrifiée, honteuse et tuée d’une manière stéréotypée et stigmatisante, il est temps de réfléchir sérieusement.”

 

Pour aller plus loin :

Une critique par le site Le Bleu du Miroir

La critique de Libération 

En anglais :

What to Know About the Controversy Surrounding The Whale

The Cruel Spectacle of ‘The Whale’ par Roxane Gay

The Whale is not a masterpiece – it’s a joyless, harmful fantasy of fat squalor dans The Guardian par Lindy West

The Whale’s Point of View, Kate Manne Writer & philosopher at Cornell

When Whales Fly On the horror of your horror : Carmen Maria Machado, autrice

The Whale is a horror film that taps into our fear of fatness

 

 

 

Appel à la manifestation : 19 novembre 2022

Le samedi 19 novembre, Gras Politique appelle à la manifestation pour la fin des violences sexistes et sexuelles à Paris, et à honorer le 25 novembre, date de la journée mondiale de lutte contre les violences à l’égard des femmes.

Nos grosses vies comptent autant que les vôtres, il est urgent de prendre en compte la spécificité des discriminations liées au corps gros pour que toutes les femmes et que toutes les personnes violentées par les hommes et le patriarcat puissent trouver un véritable refuge au sein de toutes les associations féministes, dont nous reconnaissons l’immense travail sur les autres terrains de lutte.

Dire la sororité ne nous suffit plus, nous voulons vous former, nous voulons vous parler, nous voulons être reconnues par nos soeurs et nos adelphes de lutte. 

Gras Politique rappelle que les femmes grosses subissent des violences spécifiques liées à la grossophobie, et encourage vivement les associations féministes à ne pas oublier les victimes de la grossophobie dans leurs décomptes. 

La grossophobie est une discrimination qui frappe d’abord les femmes et les minorités de genre, toutes celles et ceux qui sont soumis.e.s aux violences patriarcales, toutes celles et ceux qui dérogent à l’ordre du corps performant et bankable, toutes celles et ceux qui sont humilié.e.s dans leurs parcours de soins à cause de leurs poids, toutes celles et ceux dont on refuse de prendre la plainte pour viol car ‘on ne viole pas les monstres’, toutes celles et ceux à qui on refuse la contraception sous prétexte de leur apparence, toutes celles et ceux qui n’osent pas dire les violences trop persuadé.e.s d’être interdit.e.s de dignité, toutes celles et ceux qui vivent des parcours de maternité, de parentalité ou de transernité interdits ou mis en danger par la grossophobie médicale et le manque de moyens accordés à la prise en charge des corps gros, toutes celles et ceux qui se verront opposer leurs poids comme argument refus à l’humanité, toutes celles et ceux qui se verront empêché.e.s dans la prise en charge de leurs maladies chroniques, dans l’amélioration de leurs vies, dans leurs parcours de transitions, pour cause de surpoids et d’obésité. 

Les victimes de viols et de violences sexistes et sexuelles grosses sont nombreuses, mais elles sont mal aidées, mal connues, mal comprises et mal écoutées. La grossophobie rampante qui persiste partout dans notre société, dans nos institutions judiciaires comme médicales, dans nos associations féministes comme dans nos milieux LGBTQI+ est une honte. Votre silence est une honte.

Nous appelons donc à manifester le 19 novembre à Paris suite à l’appel de Nous Toutes, mais nous n’oublions rien de vos oublis, de vos arrangements, de vos invisibilisations de nos luttes, de nos drames, de nos douleurs et de nos existences. 

Nous les gros.se.s, nous sommes puissant.e.s, nous sommes fier.e.s, et nous ne nous laissons plus faire.