Appel à la manifestation : 19 novembre 2022

Le samedi 19 novembre, Gras Politique appelle à la manifestation pour la fin des violences sexistes et sexuelles à Paris, et à honorer le 25 novembre, date de la journée mondiale de lutte contre les violences à l’égard des femmes.

Nos grosses vies comptent autant que les vôtres, il est urgent de prendre en compte la spécificité des discriminations liées au corps gros pour que toutes les femmes et que toutes les personnes violentées par les hommes et le patriarcat puissent trouver un véritable refuge au sein de toutes les associations féministes, dont nous reconnaissons l’immense travail sur les autres terrains de lutte.

Dire la sororité ne nous suffit plus, nous voulons vous former, nous voulons vous parler, nous voulons être reconnues par nos soeurs et nos adelphes de lutte. 

Gras Politique rappelle que les femmes grosses subissent des violences spécifiques liées à la grossophobie, et encourage vivement les associations féministes à ne pas oublier les victimes de la grossophobie dans leurs décomptes. 

La grossophobie est une discrimination qui frappe d’abord les femmes et les minorités de genre, toutes celles et ceux qui sont soumis.e.s aux violences patriarcales, toutes celles et ceux qui dérogent à l’ordre du corps performant et bankable, toutes celles et ceux qui sont humilié.e.s dans leurs parcours de soins à cause de leurs poids, toutes celles et ceux dont on refuse de prendre la plainte pour viol car ‘on ne viole pas les monstres’, toutes celles et ceux à qui on refuse la contraception sous prétexte de leur apparence, toutes celles et ceux qui n’osent pas dire les violences trop persuadé.e.s d’être interdit.e.s de dignité, toutes celles et ceux qui vivent des parcours de maternité, de parentalité ou de transernité interdits ou mis en danger par la grossophobie médicale et le manque de moyens accordés à la prise en charge des corps gros, toutes celles et ceux qui se verront opposer leurs poids comme argument refus à l’humanité, toutes celles et ceux qui se verront empêché.e.s dans la prise en charge de leurs maladies chroniques, dans l’amélioration de leurs vies, dans leurs parcours de transitions, pour cause de surpoids et d’obésité. 

Les victimes de viols et de violences sexistes et sexuelles grosses sont nombreuses, mais elles sont mal aidées, mal connues, mal comprises et mal écoutées. La grossophobie rampante qui persiste partout dans notre société, dans nos institutions judiciaires comme médicales, dans nos associations féministes comme dans nos milieux LGBTQI+ est une honte. Votre silence est une honte.

Nous appelons donc à manifester le 19 novembre à Paris suite à l’appel de Nous Toutes, mais nous n’oublions rien de vos oublis, de vos arrangements, de vos invisibilisations de nos luttes, de nos drames, de nos douleurs et de nos existences. 

Nous les gros.se.s, nous sommes puissant.e.s, nous sommes fier.e.s, et nous ne nous laissons plus faire. 

 

[Signataire] Tribune : Pour une alliance féministe et trans

 

Retrouver la tribune ici et sur Mediapart

Suite à la publication par le Planning Familial d’une affiche à destination des hommes trans dans le cadre de leurs grossesses, des militantes s’opposant aux droits des personnes trans au nom du féminisme signaient, ce 22 août, une lettre ouverte adressée à la Première ministre, Élisabeth Borne, dans l’hebdomadaire Marianne.

Nous, féministes, refusons cette instrumentalisation des droits des femmes, luttons contre toute opposition entre féminisme et luttes trans et condamnons sans appel ces discours s’inscrivant dans une offensive réactionnaire.

L’utilisation d’arguments fallacieux

Les militant·es anti-trans dénoncent une essentialisation des femmes de la part d’un prétendu « transactivisme », tout en réduisant les femmes à leurs simples organes génitaux. Cette définition contredit la majorité des écrits féministes produits depuis les années 1960. On ne naît pas femme, on le devient. De même, ce que l’on désigne comme le sexe recouvre un ensemble de facteurs qui dépasse la binarité imposée depuis des siècles.

Être une femme ne découle pas de la seule assignation sexuée, mais d’une exploitation qui prend plusieurs formes : économique, domestique, sexuelle. Ainsi, contrairement à ce que prétendent les militant·es anti-trans, les femmes trans sont aussi exposées à ces exploitations et aux violences sexistes et sexuelles. Il n’y a pas de condition universelle de “la femme” mais un ensemble d’expériences diverses selon les positions sociales de chacune.

En faisant reposer leur argumentaire sur la méconnaissance du grand public des luttes et vécus des personnes trans, les militant·es anti-trans diabolisent les parcours de transition. Iels font preuve d’une malhonnêteté intellectuelle jouant notamment sur la peur vis-à-vis des enfants trans. La dysphorie de genre deviendrait alors un trouble mental, les opérations, des mutilations, et le soutien du personnel médical et de la communauté trans, des thérapies de conversion. Comme lors du mariage pour tous, la protection des enfants devient un faux-nez derrière lequel iels se cachent pour peser dans le débat public contre les personnes trans.

Les droits trans sont indissociables des droits des femmes

La période politique actuelle voit un violent retour de bâton s’abattre sur les droits des femmes, alors que le gouvernement français maintient en poste des ministres accusés de viols. Ailleurs dans le monde, le droit à l’avortement est bafoué, en Pologne et aux États-Unis notamment. Avec 89 député·es RN à l’Assemblée nationale, nous ne sommes pas exempts d’une attaque d’une telle ampleur. Il est plus que jamais important de ne pas se tromper de combat.

Aux États-Unis, l’attaque sur le droit à l’avortement a été précédée par de nombreuses lois anti-trans : dans l’Ohio, la loi Save Women’s Sports Act prévoit qu’en cas de doute sur le sexe d’une élève, celle-ci doit subir un examen intrusif pour prouver son sexe. Dans tous ces cas, il s’agit d’une attaque sur le droit des personnes à disposer de leur corps. L’arrivée d’attaques similaires contre les personnes trans en France nous laisse présager un sort semblable à celui des États-Unis.

La vision essentialiste des femmes que promeuvent les militant·es anti-trans est partagée par les théoricien·nes réactionnaires et les masculinistes. Il n’y a pas de surprise à ce que ces deux groupes aient coopéré et que l’extrême droite soit le premier relais des publications anti-trans.

Quelles perspectives pour les mouvements féministes et trans ?

Peu importe que les transitions paraissent incompréhensibles ou abstraites, les personnes trans ne sont pas un exercice de pensée destiné à interroger ce qui définit les rôles masculins et féminins.

La situation politique actuelle oblige le mouvement féministe à se positionner en soutien des revendications des personnes trans. Assister sans prendre parti n’est pas une option. Ne pas se revendiquer anti-trans ne suffit pas, il faut activement exiger avec les trans et avec les féministes, l’émancipation trans.

Nous revendiquons l’autonomie des parcours de transition, la simplification de l’accès aux procédures administratives, la formation du personnel de santé, l’accès aux soins de transition et le remboursement intégral.

Nous demandons l’ouverture réelle de la PMA aux personnes trans et la facilitation de la filiation administrative pour les parents trans.

Nous appelons à un soutien massif aux associations venant en aide aux personnes trans et à une hausse des subventions pour garantir la pérennité de leurs actions.

Nous défendons une approche matérialiste des questions trans, c’est-à-dire qui ne soit pas empêtrée dans une approche essentialiste de la féminité, se basant sur les expériences des personnes trans et non sur ce qu’en fantasment les réactionnaires.

Nous réclamons de la part de la presse et des médias qu’ils prennent leur responsabilité dans la manière dont ils ont de représenter et de diffuser les discours sur les personnes trans.

Nous exigeons un soutien clair, économique et institutionnel des acteurs politiques aux personnes trans et à leurs droits.

Nous nous dressons contre l’instrumentalisation par intérêt anti-trans des parcours des lesbiennes et des personnes qui ont détransitionné.

Nous nous opposons à la discorde que certain·es essayent de pousser entre féminisme et droits trans.

Nous appelons au soutien actif de toutes les forces se revendiquant du féminisme envers les personnes trans.

Voir les signataires

Notes :

1. Butler, Judith, Trouble dans le genreLe féminisme et la subversion de l’identité, 1990, trad. Cynthia Kraus, La Découverte, 2005.

2. https://williamsinstitute.law.ucla.edu/press/ncvs-trans-press-release/ consulté le 26/08/22 à 16h40.

3. https://www.mediapart.fr/journal/france/170522/mineurs-trans-des-groupuscules-conservateurs-passent-l-offensive consulté le 26/08/22 à 16h15.

4. https://www.liberation.fr/politique/affaire-abad-un-doute-qui-naurait-pas-du-etre-ignore-20220523_2RFUBX25V5GWVFQMIG4IF5LCYY/ consulté le 26/08/22 à 16h24.

5. https://www.cnbc.com/2022/06/24/roe-v-wade-overturned-by-supreme-court-ending-federal-abortion-rights.html consulté le 26/08/22 à 16h43.

6. Save Women’s Sports Act, consulté le 26/08/22 à 16h35. https://web.archive.org/web/20220605055717/https://search-prod.lis.state.oh.us/solarapi/v1/general_assembly_134/bills/hb151/PH/02/hb151_02_PH?format=pdf

7. https://wikitrans.co/2020/01/12/commencer-un-traitement-hormonal/, consulté le 26/08/22 à 17h46.

8. https://www.liberation.fr/societe/sexualite-et-genres/detransitions-de-genre-jen-ai-marre-quon-dramatise-comme-si-cetait-la-fin-du-monde-20220712_RS5SX5IF3NALXKEGPKQSACKESQ/ consulté le 02/09/2022

Gras Politique dit #OuiAuMasque

Gras Politique dit #OuiAuMasque

Le gouvernement a décidé de la levée de certaines mesures sanitaires à partir du 28 février. Le masque ne sera plus obligatoire dans les lieux clos soumis au pass vaccinal.

Les lieux de culture, de loisirs… seront désormais accessibles sur seule présentation de ce pass.

À l’heure où :

  • l’épidémie recule mais où le risque existe encore bel et bien, 
  • le virus circule toujours,
  • les tensions à l’hôpital perdurent,
  • les soignant.e.s tirent encore la sonnette d’alarme,

le gouvernement déclare : « C’est une contrainte en moins, c’est une liberté en plus ».

Mais une liberté pour qui ?

Nous, les personnes grosses, avons été utilisées comme épouvantails par les médias et le gouvernement, pointées du doigt pendant toute la pandémie : nous serions celleux qui remplissent les services de réanimation, celleux qui meurent ; paradoxalement, nous n’avons pas été considéré.es comme prioritaires lors de l’ouverture de la campagne de vaccination.

Comme toutes les personnes à risque de formes graves du Covid-19, certain.es d’entre nous devront faire le choix de s’auto-exclure pour se protéger, pour ne pas mourir. 

Toute une partie de la population se retrouvera à nouveau marginalisée, isolée, précarisée, sacrifiée et mise en danger, au profit de l’économie et de l’agenda électoral.

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Le pass vaccinal est un outil politique, il n’est en rien un outil sanitaire. Si les vaccins protègent des formes graves, ils n’empêchent pas la contamination, comme nous avons pu le constater avec la dernière vague Omicron. Le port du masque reste à ce jour l’outil le plus simple et efficace pour limiter la propagation du virus.

Vivre ensemble c’est vivre avec toutes et tous, les fragiles, les malades chroniques, les personnes en situation de handicap, les personnes grosses, les personnes âgées. Et vivre ensemble avec le virus, c’est continuer à nous protéger toutes et tous ensemble.

Gras Politique s’associe donc au mouvement #OuiAuMasque et encourage ses adhérent.es et toutes les personnes investies dans l’idée d’un vivre-ensemble concret à continuer à porter le masque dans les endroits clos, et à prendre les précautions sanitaires nécessaires à la survie de tous.te.s.

Gras Politique tire à nouveau la sonnette d’alarme pour la survie des populations sacrifiées. Nos vies valent autant que les vôtres. Nos familles sont aussi importantes que les vôtres. Nous méritons mieux qu’une politique inhumaine qui efface les risques encourus par des milliers de personnes.

Présidentielles : Mesures pour lutter contre la grossophobie

Présidentielles : Nous voulons qu'un·e candidate mentionne la discrimination et l'oppression grossophobe dans son programme et s'engage dans sa lutte

14 mesures proposées par Gras Politique

Nous écrivons aujourd’hui au nom des grosses électrices et des gros électeurs.

Nous écrivons car nous voulons qu’un.e candidat.e mentionne la discrimination grossophobe dans son programme, et s’engage enfin à y mettre fin. Nous représentons plus de 20 %des citoyennes et des citoyens français, et nous ne voulons plus être mis au banc.

Retrouvez et téléchargez ici la lettre ouverte adressée aux candidat·e·s à la présidence de la République dans son intégralité.

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Cohérence pour les gros‧se‧s dans la campagne vaccinale

Cohérence pour les gros·ses dans la campagne vaccinale Covid-19

Dès le début de la pandémie et dès lors du premier confinement en mars 2020, les médias se sont fait le relais d’informations inquiétantes sur le nombre de personnes obèses hospitalisées avec des formes graves du COVID-19. On ne compte plus le nombre de reportages en unité de soins intensifs où l’on pouvait voir des corps gros désignés comme principalement touchés par le virus, servant d’épouvantails aux français.e.s inquiet.e.s. Le gouvernement a considéré pendant les premiers temps de la pandémie les personnes en obésité comme des personnes à risque, pouvant bénéficier de certificats d’isolation et donc du chômage partiel dans les cas où leur télétravail était impossible. En Angleterre, le premier ministre a quant à lui appelé les gros à se mettre au régime pour faire cesser l’épidémie, dans un raccourci idéologique tellement grotesque qu’il est devenu dangereux.   

Nous ne discutons pas les réalités scientifiques liant les formes graves de la maladie à l’obésité. Nous n’avons pas le recul ou les études suffisantes pour le faire, et notre association est dépourvue de comité scientifique. Nous sommes de simples citoyen.ne.s gros.se.s, qui vivons depuis bientôt une année la double contrainte d’un confinement quasi-permanent, et d’une grossophobie médicale assumée dans les représentations médiatiques anxiogènes de nos maladies. Nous avons obéi au gouvernement, nous nous sommes confiné.e.s même lors des relâches, nous avons porté des masques avant les autres, nous ne transigeons pas avec les gestes barrières. Nombreuses et nombreux sont celles et ceux d’entre nous qui ont perdu dans cette crise sanitaire leur santé mentale, leur travail, et l’espoir de pouvoir retrouver dans un futur proche un semblant de vie normale. Nos suivis médicaux, déjà rendus compliqués par la grossophobie médicale en temps normal, sont anéantis par la situation sanitaire actuelle. Nous avons mangé notre pain noir, et nous n’avons rien dit quand des journalistes proclamaient que nous “attraperions le virus plus facilement que des personnes minces”, ou quand le gouvernement nous classait dans les populations à risque sans nous proposer l’accès aux compensations financières et à la protection nécesaire dans le deuxième temps de l’épidémie.

Aujourd’hui, les campagnes de vaccination commencent dans notre pays. Nous nous réjouissons pour nos soignant.e.s et pour nos aîné.e.s, mais nous sommes révolté.e.s de constater qu’une nouvelle fois, les personnes grosses ne sont pas prises en compte. Comment peut-on nous répéter pendant 12 mois que nous sommes particulièrement à risque, que nos vies sont plus en danger que les autres, et ne pas nous classer dans la liste des personnes prioritaires à la vaccination ? Quelle cohérence pour nous, c’est-à-dire 17% des français.e.s ? Comment comprendre ces messages contradictoires ? L’obésité est une maladie de pauvres et de précaires en France, et nous savons que la COVID-19 touche en priorité les territoires défavorisés, comment ne pas y voir un lien direct ?

Aujourd’hui Gras Politique demande à Emmanuel Macron, au Ministère de la Santé et des Solidarités ainsi qu’à la Haute Autorité de Santé de revoir ses priorités vaccinales et d’être cohérents avec leurs propres discours : si vous considérez que les personnes obèses sont à risque élevé de décès suite à une infection au COVID-19, au même titre que d’autres populations déjà prises en compte dans le calendrier vaccinal, il faut nous vacciner rapidement. Nous portons la même demande pour tous les publics identifiés comme portant des pathologies ou des comorbidités en lien avec la dangerosité du COVID-19.

Refuser de prendre en compte la population grosse que vous avez stigmatisée jusqu’alors dans toutes vos communications revient à dire que vous nous laissez mourir en conscience. Nous ne voulons pas mourir. Nous voulons des vaccins, maintenant. 

contact presse : graspolitiquepresse@gmail.com

#PasMaRenaissance : notre tribune contre l’émission Opération Renaissance

Depuis l’annonce du projet de l’émission Opération Renaissance porté par Karine Le Marchand pour le groupe M6 en 2017, Gras Politique n’a cessé d’alerter l’opinion publique et les partenaires de santé institutionnels sur la dangerosité de ce programme. L’émission propose de suivre pendant trois ans le parcours de dix candidat·e·s à la chirurgie dite « de l’obésité » (principalement le « by pass » et la « sleeve gastrectomie », laquelle consiste à retirer environ les deux tiers de l’estomac) afin d’assister à leur « renaissance ». Le choix de ce terme n’est pas anodin : les personnes obèses sont considérées comme mortes-vivantes tant qu’elles ne réussissent pas à maigrir. Il faut l’intervention magique de la télévision et de sa charismatique prophétesse pour les sauver.

La chirurgie de l’obésité connaît un développement rapide en France. 240 000 interventions ont été réalisées entre 2006 et 2014 et 450 000 ont été programmées entre 2006 et 2017. Depuis 2010, plus d’une femme âgée de 18 à 54 ans sur mille est opérée chaque année. Les taux de recours à la chirurgie, tous âges et sexes confondus, sont plus élevés en France que dans d’autres pays où la prévalence de l’obésité est pourtant supérieure. Les opérations de chirurgie bariatrique n’ont pas besoin de publicité, ni de mise en scène : les personnes grosses se voient systématiquement proposer le recours à ces interventions par un éventail trop large de professionnels de santé, du médecin généraliste… au dentiste. De la gaine à la livraison de repas calibrés pour un nouvel estomac, du coaching opératoire au groupe de parole payant, en passant par le livre de conseils de “self love” vendu par la présentatrice, c’est toute une économie parallèle qui se développe autour de ces techniques chirurgicales, un nouvel eldorado pour les entrepreneurs de la culture des régimes. 

Gras Politique n’est pas opposé à la chirurgie bariatrique. Pour certaines personnes obèses, dont les caractéristiques sont rigoureusement décrites par les préconisations de la Haute Autorité de Santé en France (patient.e.s avec un IMC ≥ 40 kg/m² ou bien avec un IMC ≥ 35 kg/m² associé à au moins une comorbidité susceptible d’être améliorée après la chirurgie) et qui bénéficient d’un suivi pré et post-opératoire long et complet, c’est une étape difficile mais bénéfique. Il ne s’agit donc pas pour nous de condamner les chirurgies ou les chirurgien·ne·s, ou celles et ceux qui y sont candidat·e·s[1]. Nous rappelons que l’amaigrissement est un processus complexe, et que l’industrie des régimes empoche des milliards d’euros chaque année dans le monde sans réussir à faire perdre durablement du poids à ses consommateurs·trices.

Ce qui nous révolte se décline en grands axes :

• les récits faits des corps obèses et des histoires personnelles qui y sont liées au profit d’un programme télévisé destiné à séduire un maximum de spectatrices et de spectateurs. Subtil mélange de docu-réalité et de publicité à peine voilée pour les bienfaits de la chirurgie et de certains chirurgiens, l’émission propose aux gros·ses d’apprendre à vivre, carrément. Voilà le postulat décrit dans le dossier de presse : « Pour que tout change chez un malade, il faut que “lui” change. Et pour changer il faut se connaître… et s’affronter. C’est long et douloureux, mais sans cela on regrossit. » C’est donc un combat contre soi, et pas contre la maladie obésité, pas contre des troubles du comportement alimentaire, pas contre la précarité empêchant une alimentation équilibrée et diversifiée, pas non plus contre la pression patriarcale que subissent les corps des femmes (les femmes représentent 80% des opérées, et le sont à un âge plus jeune et un IMC plus bas que les hommes, avec une prévalence élevée de patientes opérées à  un IMC inférieur à 40  kg/m2).

C’est bien à l’obèse qu’on s’attaque. C’est à lui·elle de changer, c’est à lui·elle de faire. Le sacro-saint mythe de la volonté, premier pilier de la grossophobie, permet de nier toutes les violences subies par les gros·ses, et de renvoyer les obèses à leur culpabilité : nous ne savons pas faire, nous ne savons pas nous aimer, nous ne savons pas manger, nous ne savons pas maigrir, nous nous mettrions par choix en dehors de la société qui ne veut que notre bien. Notre salut passe par l’amaigrissement, quitte à y laisser notre santé physique ou psychique : c’est la seule porte de sortie qui est mise en avant, au détriment de la prévention des violences et des inégalités[2], ou de la lutte contre les discriminations subies. Il ne s’agit pas de rendre l’obèse heureux·se ou en bonne santé, mais de le.la rendre mince, validé·e par les critères de beauté d’une société toujours insatisfaite. Comme le précise le dossier de presse : « Certains ont eu besoin de 3 opérations de chirurgie réparatrice pour effacer les séquelles de leur perte de poids. » Pas étonnant quand on connaît les termes du contrat établi entre les opéré·e·s suivi·e·s et la production : ces dernier·e·s s’engagent à passer par la chirurgie réparatrice avec les médecins de l’émission. Nous rappelons que la chirurgie bariatrique doit résoudre des problèmes médicaux et non pas esthétiques, et doit être réservée aux patient·e·s à la fois obèses et ayant des pathologies associées. Les chirurgiens ne devraient tenir compte que de l’objectif santé, même si pour certaines personnes la demande est ailleurs – ce que l’on peut  comprendre, tant les injonctions à l’amaigrissement sont pressantes et omniprésentes (l’apparence physique, le poids ou la perception de son poids est probablement le facteur prédominant dans la détermination de l’image corporelle chez les femmes).

• la présentation idyllique d’un système de santé bienveillant et respectueux des personnes grosses, et d’une prise en charge optimale pour les patient·e·s opéré·e·s : ne nous laissons pas berner par le filtre de la télévision.

• La prise en charge des patient·e·s gros·ses dans le système médical français est catastrophique : soignant.e.s grossophobes, équipements manquants, formation incomplète. Il faut noter que les seuls services qui prennent en charge les besoins spécifiques en équipement des patient·e·s obèses sont les services de chirurgie bariatrique visant l’amaigrissement. Pour le reste, on se débrouille, on bricole, on refuse les patient·e·s trop lourd·e·s en les privant de solutions à leurs problèmes de santé parfois urgents. Dans les plus grands hôpitaux (CHU), on ne trouve souvent qu’un seul équipement dédié aux patient·e·s obèses : un seul fauteuil roulant, un seul lit médicalisé, une seule chambre adaptée, les gros·ses sont donc prié·e·s de prendre un ticket pour être soigné·e·s ! Il faut compter sur la bienveillance des soignant·e·s pour accéder au même niveau de soin que les personnes au poids normé. Aux maux des gros·se·s, les médecins opposent trop souvent une réponse uniforme : perdez du poids, et cela va passer. Les biais grossophobes des professionnel·le·s de santé sont lourds de conséquences : ils entraînent un retard dans la prise en charge des patient·e·s, et valident l’existence d’une médecine à plusieurs vitesses[3]. La prise en charge des suivis opératoires des chirurgies bariatriques lourdes est elle aussi catastrophique : selon une enquête nationale menée en 2007, 12% des patient.e.s n’étaient plus suivi.e.s un an après leur chirurgie, cette prévalence augmentant à 18% la seconde année, ne faisant qu’augmenter les années suivantes. Ramené aux participant·e·s d’Opération Renaissance, ce sont donc deux opéré·e·s sur dix qui devraient disparaître de nos écrans ! Ce sont autant de patient·e·s privé·e·s de suivi. Or, nous rappelons que les consultations de suivi diététique obligatoires après une opération digestive, ainsi que les bilans vitaminiques et les compléments alimentaires ne sont pas remboursés (ceci entraînant des dépenses importantes dans des foyers statistiquement déjà plus précaires) et que pour éviter l’apparition d’effets secondaires (carence en fer, en calcium, en vitamine D, dénutrition, mauvais fonctionnement du montage chirurgical…), un suivi médical des patient·e·s est absolument indispensable: il est aujourd’hui inaccessible et insuffisant. On ne peut pas non plus parler d’une telle chirurgie sans en présenter les risques bien réels : risque doublé de complication amenant à une nouvelle intervention de chirurgie digestive, risque d’addiction à l’alcool quasiment doublé, augmentation des idéations suicidaires de 54% lors des années suivant l’opération.

• les conflits d’intérêts éthiques et financiers manifestes qui concernent les chirurgien·ne·s, les intervenant·e·s ou la présentatrice de l’émission

1/ L’hôpital Saint Joseph, et le docteur Jérôme LORIAU, ont signé des contrats avec l’émission. Voilà une curieuse manière pour cet établissement hospitalier, certes privé mais à but non lucratif, d’observer l’article 19 du Code de déontologie médicale, qui proscrit toute forme de publicité “directe ou indirecte” ! Sans même mentionner l’article 98 du même Code, qui spécifie que les soignant·e·s « ne peuvent user de leur fonction pour accroître leur clientèle », ni l’article 24, qui stipule que « l’acceptation d’un avantage en nature ou en espèces, sous quelque forme que ce soit, d’une façon directe ou indirecte, pour une prescription ou un acte médical quelconque » est proscrite.

2/ Le 4 décembre 2017, Karine Le Marchand, à la tête de Potiche Prod et d’Opération Renaissance, a inauguré sur le territoire du groupe hospitalier Saint Joseph l’Institut Français du Body Lift, dont elle est marraine. C’est dans ce même hôpital qu’opère le Dr Taliah Schmitt, chirurgienne officielle de l’émission pour sa partie esthétique, laquelle réalise la majorité de son chiffre d’affaires dans le privé (carte vitale refusée) et dans le domaine de la réparation post-bariatrique. On peut bien sûr se féliciter du fait que les participant·e·s de l’émission soient opéré·e·s par une praticienne de renom… Mais on doit surtout s’interroger sur les raisons commerciales et financières qui président à sa mise en vedette par l’émission de Karine Le Marchand. Le copinage ne devrait pas remplacer les exigences déontologiques et légales auxquelles sont soumis·es les professionel·le·s de santé.

3/ Karine Le Marchand, déjà fort investie dans le salut des personnes grosses, s’était précédemment essayée à la vente de solutions d’amaigrissement par le biais d’une application nommée “Smilesrun”. Elle profite de l’émission Opération Renaissance pour sortir un “nouvel outil” à destination des personnes en quête de mieux-être, son livre intitulé 15 étapes pour apprendre à s’aimer (et donc à maigrir). Nous rappelons que Mme Le Marchand n’a aucune compétence spécifique dans ce domaine, et ne semble pas avoir suivi la moindre formation sur l’obésité ou la question du surpoids. Nous nous inquiétons du contenu de cet ouvrage, semblant rassembler des techniques infantilisantes (faire des coloriages) ou déjà vendues par d’autres (de la méditation avec la société Petit Bambou). 

4/ Le livre de Mme Le Marchand reçoit le sceau de validation de la Ligue contre l’obésité, qui se réjouit également de l’arrivée de l’émission. La LCO se présente comme « soutenue par une vision humaniste et volontariste pour changer le regard porté sur l’obésité ». La ligue, fondée par Pierre Niergue (marketing) et le Professeur David Nocca (chirurgien bariatrique officiel de l’émission Opération Renaissance), ne semble rien faire de concret avec les personnes grosses, mais paraît plutôt concentrer son activité sur le réseautage entre médecins. On note que la diététicienne officielle d’M6 Mélanie Délozé[4] fait également partie de la Ligue contre l’obésité. Gras Politique a demandé à accéder au rapport financier complet de cette association, demande restée sans réponse. 

5/ Le psychiatre (enfin le pédo-psychiatre) officiel de l’émission Stéphane Clerget défend une vision genrée et sexiste de la psychiatrie, s’attachant à défendre une virilité présumablement offusquée par les féministes, et s’appuyant sur des théories étranges : les personnes ayant un vagin seraient plus introspectives parce que leurs organes sexuels sont à l’intérieur[14]. Il s’engage pour une “masculinisation” de l’éducation, allant à l’encontre de toutes les préconisations sur le genre à l’école. Il est aussi l’auteur d’un ouvrage promettant de faire perdre du poids “sans médicaments ni régimes”, on se demande donc ce qu’il vient faire dans une émission de chirurgie bariatrique.

6/ L’hypnothérapeuthe choisie par l’émission, Joelle Cadoret, revendique son titre de “Maitre Reiki”. Nous rappelons que le reiki est une pseudo-science épinglée par la Miviludes en 2018 dans son rapport sur les activités sectaires. Sa pratique est déconseillée et liée à des risques pour les majeurs et les mineurs, de détournements financiers, d’abus de la notion de bénévolat ou encore de travail dissimulé, de mise en cause de la sécurité des personnes. Nous ne pouvons donc que nous inquiéter de sa mise en relation avec des personnes fragilisées par une opération importante. Nous rappelons également que le métier d’hypnothérapeute n’est actuellement pas reconnu par l’État.

Forte de tous ces éléments, l’association Gras Politique alerte l’ensemble des téléspectatrices et des téléspectateurs, le groupe M6, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel, les institutions publiques de santé, de défense des droits, de lutte contre les discriminations, toutes les associations dédiées à l’égalité des droits et à la juste représentations des minorités, les militantes et les militants, les journalistes et les médias de la gravité de ce qui se jouera lors des diffusions de l’émission Opération Renaissance. Alors que la lutte contre la grossophobie s’installe juste en France, et que les soignant·e·s commencent à comprendre l’enjeu d’une approche globale de l’obésité, dans le respect des individus et de leurs situations, il est dramatique de proposer un programme sans point de vue critique et sans transparence sur les enjeux financiers de leurs intervenant·e·s.

Nous craignons évidemment qu’à la suite de sa diffusion, les personnes grosses, déjà stigmatisées dans leurs vies quotidiennes, subissent de la part de leurs proches et d’inconnus une pression supplémentaire à l’amaigrissement, qui contribuera à la grossophobie ambiante et à leur fragilisation. Nous n’avons pas attendu M6 et Karine Le Marchand pour naître et pour vivre : nos vies de personnes grosses comptent autant que les vôtres.

[1]Les études montrent qu’en France en 2016, parmi les 93,5 % de séjours hospitaliers pour chirurgie bariatrique mentionnant l’IMC, il était inférieur à 40 chez 37,4 % des patients.

[2](En 2012 comme dans chaque étude ObÉpi rapporte une relation inversement proportionnelle entre niveau de revenus du foyer et prévalence de l’obésité, niveau d’instruction et prévalence de l’obésité sont inversement proportionnels)

[3]En 2016, les services privés à but lucratif réalisent 63 % des interventions bariatriques, tandis que 15 % des interventions ont lieu dans des centres hospitaliers régionaux, 17 % dans les autres hôpitaux publics et 5 % dans le secteur privé non lucratif.

[4]Elle est également la chef de projet d’Obésanté, centre de santé pour personnes grosses porté par la Ligue contre l’Obésité, donc nous peinons à savoir s’ il proposera un suivi classique ou un coaching vers la chirurgie bariatrique.

[5]Les garçons, eux, réalisent que leur génitalité est extérieure. Ils sont plus dans la projection: ils lancent des projectiles, tirent au pistolet; tandis que les filles, elles, tirent davantage pour ramener à elles: elles tirent les cheveux, par exemple. Pour moi, c’est la métaphore de leur corps sexué.”

Signataires 

Baptiste Beaulieu, Romancier et médecin
Sylvie Benkemoun, psychologue, Présidente du GROS
Muriel Salmona, Psychiatre présidente de l’association Memoire Traumatique et Victimologie
Elsa Dorlin, Professeure des universités
Jean-François Amadieu, Professeur Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
Paul B. Preciado, Philosophe
Valérie Rey-Robert, autrice féministe
ACT UP-Paris, Association de lutte contre le VIH/sida
#NousToutes Association féministe
Rokhaya Diallo, Journaliste et réalisatrice
Catherine Lemoine, Militante dans la lutte contre la grossophobie ayant siégé au PNNS et dans de nombreuses instances de santé dédiées à l’obésité, co-fondatrice du Pulpe club
Caroline De Haas, Militante féministe
Fatima Benomar, Cofondatrice des effronté-es
Penelope Bagieu, autrice
Marina Rollman, Humoriste

Soignant·e·s 


Nghiem Quoc Duy, Medecin
Marion Luce, Médecin généraliste
Dr William Bellanger, Médecin Généraliste
Julien Martinez, Infirmier en psychiatrie / Militant associatif en santé communautaire
Roseline Némo, Infirmière
Caroline Reiniche, Sage-femme
Flora Meyrieu, Diététicienne en Addictologie
Delphine Mesnil, Sage femme
Hugo Panelay, Médecine nutritionniste
Camille Barizien, Étudiante sage-femme
Catherine Grangeard, Psychanalyste
Alain Richez, Psychiatre nutritionniste
Anne-Laure Laratte, Diététicienne Nutritionniste
Elsa Dechézeaux, interne en médecine générale
Lori Savignac-Krikorian, médecin généraliste
Chantal Eluere, Diététicienne Nutritionniste spécialisée dans le comportement alimentaire, membre du GROS (Groupement de Réflexion sur L’Obésité et le Surpoids)
Céline Massol, Infirmière
Dre Armelle Grangé-Cabane, Médecienne généraliste
Noémie Duval, Psychanalyste
Docteur Jean Bellamy, Chirurgien thoracique retraité
Florence Braud, Aide-soignante et autrice

Universitaires

Juliette Arnaud, Écrivaine
Manon Garcia, Philosophe féministe à l’université de Harvard
Miléna Younès-Linhart, doctorante
Julie Mazaleigue-Labaste, Chercheuse
Marcia Burnier, Autrice
Juliette Lancel, Historienne indépendante, rédactrice en chef de la revue En Marges !

Associations 

Maison des Femmes Thérèse Clerc de Montreuil
Pour une M.E.U.F, Association de soignant.es contre le sexisme médical
Collectif Collages Féministes Lyon
Luttes des gras.ses – Collectif féministe intersectionnel d’entraide et de déconstruction autour de la grossophobie.
Les bavardes – Collectif lesbien et féministe
OUTragé.e, Militant.e féministe queer
Allegro Fortissimo, Association de lutte contre les discriminations grossophobes
Deuxième Page, Association
Les Aliennes, Association féministe
Association Memoire Traumatique et Victimologie
Association Cosmo Plus, association engagée qui aide les femmes inclusives à reprendre confiance en elles depuis 2010.
Association Affects et Aliments
Féministes contre le cyberharcèlement
Collectif TPA, Collectif engagé dans la lutte féministe sur la charge mentale et le travail domestique
Groupe d’Appui et de Solidarité – GAS
Les Ours de Paris, On est gros. On est pédés. On est des gros pédés.
FièrEs, Association féministe radicale et révolutionnaire portée par des lesbiennes, biEs et/ou trans.
Les Dévalideuses, Collectif handi-féministe
Les Flux, Association pour la réappropriation des savoirs gynécologiques
Women who do stuff, association féministe
Cyclique, Plateforme queer et féministe sur le cycle menstruel et la santé reproductive
Les Ourses à plumes, webzine féministe
Dic•Ass, lexique du cul et de santé sexuelle
Clitosaure 
La Féministerie, Plateforme d’ateliers interactifs sur les questions féministes
CLHEE, Collectif Lutte et Handicaps pour l’Égalité et l’Émancipation
Paye ta Psychophobie, un compte instagram dénonçant les oppressions subies par les personnes atteintes de troubles psy et/ou neuroatypiques
Préparez-vous pour la bagarre, Activiste Féministe
La Constellation, Tiers lieu queer

Militant·e·s 

Olga Volfson, journaliste et militant•e féministe & LGBTQI+ anti-grossophobie
Juliet Drouar, Activiste – thérapeute
Rachel Vigne, activiste
Mélusine, militante féministe et antiraciste
Elisa Rojas, Avocate
Charline @monfilsenrose, Militante panasiaféministe
Sonia L., militante LGBTI+, et grosse
Laure Salmona, Militante Féministe, co-fondatrice de Féministes contre le cyberharcèlement
Delphine Aslan, Militante féministe
Mathilde Fuchs, activiste anti-validisme
Corpscools, Projet militant, pour une inclusivité radicale
Sibel Bieviones, L’obèse invisile sur Instagram
Tiphaine, Une colleuse lyonnaise
Philae, Militant•e féministe
Matriarcat Agressif et Racisé, Compte Instagram humoristique et politique
Philae, Militant•e féministe
Shérazade de Stopgrossophobie
Blaise Benghiat, Blaise de LaChroNiqueTM
Mathilde Fuchs, activiste anti-validisme
Jean-philippe Guédas, Ouvrier
Laureline Levy, Grosse militante
Coline Charpentier, Militante féministe

Artistes, autrices

Mélissa Laveaux, Autrice, compositrice, dramaturge
Charlotte Gaccio, Actrice
Mathilde Forget, Autrice
Éditions Daronnes, Maison d’édition féministe
Jade Dessine, Artiste grosse queer
Océan, Comédien – Réalisateur
Barbara Butch, Dj artiste
Grandpamini (Juan Loaiza), Artiste
Les folies passagères, Créations queers féministes et militantes
Etienne Ted, Comédien
Hany, Illustratrice
Laura Felpin, Actrice
Aimé Pestel, Autistic Transartivist
Clit Révolution, Autrice
Laetitia Marcelino, Illustratrice
Tahnee, Humoriste
Deborah Neuberg, Designer 
Auréline Trotot, Actrice

Influenceureuses 

La Grosse en Corse
Stéphanie Zwicky, Blogueuse et influenceuse
Marine Plus Size, Influenceuse
Audrey BigOrNot, Influenceuse
Yasmine Ait Abbou (fatpositiveyaz), Micro influenceuse,
Sensualcurves, Micro influenceuse Bodypositivisme et lutte contre la grossophobie
Eléonore by Beauteronde.fr
David Venkatapen, Mannequin /Modèle grande taille
Gabrielle Lisa Collard, Dix Octobre
Bérénice, Chroniques de B, Blogueuse mode plus size
Gaëlle Prudencio, Créatrice de mode et de contenus
Elawan, Youtubeuse et créatrice du hashtag #PlusDe70kgEtSereine
Inès, Fondatrice de Gender Games
La Grosse Dame, Influenceuse
Anchara

Journaliste/presse 

Lauren Bastide, autrice et journaliste La Poudre
Caroline Boudet, Journaliste et auteure
Agnès Léglise, Journaliste
Emilie Mazoyer, Animatrice radio et télévision
Thomas Messias, prof et journaliste
Lucile Bellan, journaliste et autrice
Nora Bouazzouni, Journaliste indépendante, autrice et traductrice
Norah Benarrosh, Documentariste radio
Taous M., Journaliste et autrice
madmoiZelle et Rockie ; Directrice des rédactions de madmoiZelle et Rockie
Sarah Benichou, Journaliste
Marie-Christine Gambart, Réalisatrice de documentaires
Amélie Juan, productrice
Olitax, Photographe
Lucie Inland, rédactrice, photographe, féministe, grosse
Marie Boiseau, Illustratrice
Clémentine Gallot, journaliste
Louisa Amara, journaliste
DicoduQ chronique Radio Nova
Eponine Bégéja, Directrice de production
Anna Benz, Podcastrice
Marion Pillas, Journaliste et productrice 

A l’attention du Midi Libre

A l’attention du Midi Libre

Aujourd’hui, mardi 1er décembre, est un jour de libération pour Alain, prisonnier depuis des mois de son appartement insalubre à cause d’une simple chute. Ce jour qui devait être celui du retour de sa dignité, du début de ses soins, est entaché par le comportement odieux de votre rédaction. Plutôt que d’enquêter sur les défaillances d’un système entier qui se désintéresse d’Alain, vous avez choisi de mettre en scène son évacuation, de la live-tweeter comme on le ferait d’un match de foot ou d’une émission de télé-réalité. 

Nos vies ne sont pas vos divertissements. L’époque où l’on pouvait visiter les individus aux corps différents dans les foires est heureusement révolue, nous refusons de continuer à être traité.e.s comme des monstres de cirque, nous refusons d’être les épouvantails de vos peurs grossophobes et validistes.

Nous dénonçons l’atteinte totale à la dignité d’Alain, et nous affirmons, encore et encore, notre droit à la dignité, notre droit à des soins, et notre droit à la vie, quels que soient nos corps, nos poids ou nos volumes.

Tribune dans Friction : Journée internationale des droits des femmes grosses aussi

Tribune dans Friction : Journée internationale des droits des femmes grosses aussi

A retrouver ici ! 

En ce 8 mars, journée de lutte pour les droits des femmes, nous tenons à rappeler que nous, femmes grosses, subissons des discriminations spécifiques se rajoutant à la misogynie.

Nous femmes grosses, sommes discriminées à l’emploi et sommes 4 fois moins embauchées que les femmes au poids normé, nous maintenant ainsi dans la spirale de la précarité.

Nous femmes grosses, nous voyons quasi systématiquement refuser les prêts bancaires.

Nous femmes grosses, sommes discriminées médicalement, nos vécus ne sont pas entendus, nos souffrances niées, nos corps maltraités. La prise en charge correcte de nos contraceptions est quasi inexistante, nous menant alors à devoir nous tourner vers les IVG 6 fois plus que les autres.

Nous femmes grosses sommes mises à l’écart des parcours de PMA.

Nos adelphes transgenres gros.ses voient leur parcours de transition conditionné à une perte de poids quand il n’est tout simplement pas refusé

Nous femmes grosses appelons nos sœurs rentrant dans les normes à s’emparer avec nous de la lutte contre la grossophobie et à en faire une priorité, la lutte pour que chaque femme puisse vivre au mieux dans la dignité et le respect est bien un enjeu féministe.

Nous sommes persuadées qu’en libérant les femmes grosses, nous libérerons de facto toutes les femmes d’une partie des injonctions patriarcales et capitalistes aux corps faits pour plaire aux hommes.

Lettre ouverte à la CPAM de l’AISNE

 

Nous apprenions il y a quelques jours par un article dans France 3 Région, le cas d’un habitant de l’Aisne dont la CPAM refuse de prendre en charge une opération lui permettant d’une part de retrouver une certaine autonomie, d’autre part de pouvoir réaliser une chirurgie bariatrique.

Le cas de cet homme vient s’ajouter à la longue liste de défauts de prise en charge des patients obèse.

Contre cette énième injustice, Gras Politique souhaite en apportant son aide a ce patient, alerter les pouvoirs public de l’urgence d’une évaluation de ces non prise en charge au moyen d’une lettre ouverte, signée par de nombreuses structures et individus allié-e-s.

Télécharger la Lettre ouverte en PDF