Littérature jeunesse à mettre dans toutes les bibliothèques · CDI

Littérature jeunesse à mettre dans toutes les bibliothèques

Liste non exhaustive d'ouvrages qui participent à une représentation positive des personnes grosses

  • Miss Dumplin, Julie Murphy, roman jeunesse
  • Boule de Suif, Guy de Maupassant, nouvelle
  • Journal d’une grosse qui réfléchit, Françoise Leclère, roman jeunesse
  • La Team Collège, Delphine Pessin, roman jeunesse
  • Faith, Marguerite Sauvage, comics
    1er tome disponible gratuitement : https://bliss-editions.com//wp-content/uploads/2020/03/faith-extraut-100pages.pdf
  • Dietland, Sarai Walker, roman young adult
  • Le journal de grosse patate, Dominique Richard, théâtre
  • Ce sera moi, Lyla Lee, roman young adult
  • La Lune est à nous, Cindy Van Wilder, roman young adult
  • Nous, les filles de nulle part, Amy Reed, roman young adult
  • En cloque !, Eva Darrows, roman young adult
  • Sortir d’ici, Renée Watson, roman young adult
  • Son corps et autres célébrations, Carmen Maria Machado, nouvelles
  • Le poids des sentiments, N.R. Walker, roman young adulte
  • Leah à contretemps, Becky Albertalli, roman young adult
  • Les tribulations d’Esther Parmentier, sorcière stagiaire, Maëlle Desard, roman jeunesse
  • Le cercle des jeunes élues, Sara Belgmark Elfgren et Mats Strandberg, roman jeunesse
  • Skim, Mariko Tamaki et Jillan Tamaki, roman graphique
  • Nimona, Noelle Stevenson, roman graphique
  • Tant qu’il le faudra, Cordélia, roman young adult
  • Les Petites Reines, Clémentine Beauvais, roman jeunesse

Gras Politique dit #OuiAuMasque

Gras Politique dit #OuiAuMasque

Le gouvernement a décidé de la levée de certaines mesures sanitaires à partir du 28 février. Le masque ne sera plus obligatoire dans les lieux clos soumis au pass vaccinal.

Les lieux de culture, de loisirs… seront désormais accessibles sur seule présentation de ce pass.

À l’heure où :

  • l’épidémie recule mais où le risque existe encore bel et bien, 
  • le virus circule toujours,
  • les tensions à l’hôpital perdurent,
  • les soignant.e.s tirent encore la sonnette d’alarme,

le gouvernement déclare : « C’est une contrainte en moins, c’est une liberté en plus ».

Mais une liberté pour qui ?

Nous, les personnes grosses, avons été utilisées comme épouvantails par les médias et le gouvernement, pointées du doigt pendant toute la pandémie : nous serions celleux qui remplissent les services de réanimation, celleux qui meurent ; paradoxalement, nous n’avons pas été considéré.es comme prioritaires lors de l’ouverture de la campagne de vaccination.

Comme toutes les personnes à risque de formes graves du Covid-19, certain.es d’entre nous devront faire le choix de s’auto-exclure pour se protéger, pour ne pas mourir. 

Toute une partie de la population se retrouvera à nouveau marginalisée, isolée, précarisée, sacrifiée et mise en danger, au profit de l’économie et de l’agenda électoral.

https://graspolitique.fr/wp-content/uploads/2022/07/Oui-au-masque-10.jpg

Le pass vaccinal est un outil politique, il n’est en rien un outil sanitaire. Si les vaccins protègent des formes graves, ils n’empêchent pas la contamination, comme nous avons pu le constater avec la dernière vague Omicron. Le port du masque reste à ce jour l’outil le plus simple et efficace pour limiter la propagation du virus.

Vivre ensemble c’est vivre avec toutes et tous, les fragiles, les malades chroniques, les personnes en situation de handicap, les personnes grosses, les personnes âgées. Et vivre ensemble avec le virus, c’est continuer à nous protéger toutes et tous ensemble.

Gras Politique s’associe donc au mouvement #OuiAuMasque et encourage ses adhérent.es et toutes les personnes investies dans l’idée d’un vivre-ensemble concret à continuer à porter le masque dans les endroits clos, et à prendre les précautions sanitaires nécessaires à la survie de tous.te.s.

Gras Politique tire à nouveau la sonnette d’alarme pour la survie des populations sacrifiées. Nos vies valent autant que les vôtres. Nos familles sont aussi importantes que les vôtres. Nous méritons mieux qu’une politique inhumaine qui efface les risques encourus par des milliers de personnes.

Présidentielles : Mesures pour lutter contre la grossophobie

Présidentielles : Nous voulons qu'un·e candidate mentionne la discrimination et l'oppression grossophobe dans son programme et s'engage dans sa lutte

14 mesures proposées par Gras Politique

Nous écrivons aujourd’hui au nom des grosses électrices et des gros électeurs.

Nous écrivons car nous voulons qu’un.e candidat.e mentionne la discrimination grossophobe dans son programme, et s’engage enfin à y mettre fin. Nous représentons plus de 20 %des citoyennes et des citoyens français, et nous ne voulons plus être mis au banc.

Retrouvez et téléchargez ici la lettre ouverte adressée aux candidat·e·s à la présidence de la République dans son intégralité.

https://graspolitique.fr/wp-content/uploads/2022/07/Twitter-fb-18.jpg

La grossophobie en milieu scolaire

Grossophobie en milieu scolaire

Pistes de réflexions et d'actions possibles pour mieux accueillir les élèves gros·ses

Nous avons été convié·e·s, par le syndicat Sud Education, à proposer un temps de formation sur la grossophobie en milieu scolaire à de nombreux·ses professionnel·le·s de l’éducation. Ce temps a été enregistré, voilà un récap de nos pistes de réflexions.

N’hésitez pas à nous faire part de vos retours d’expérience ! 

Introduction

La grossophobie en milieu scolaire est un élément important dans nos luttes contre les discriminations grossophobes. En effet, selon l’OMS, 63% des enfants gros·ses risquent d’être victimes de harcèlement et 75% des enfants de moins de 10 ans associent le fait d’être gros·se à quelque chose de négatif. Les personnes grosses représentent environ 15,3% de la population adulte française et 4% des enfants âgé·e·s de 6 à 17 ans. Il est donc essentiel de donner un sentiment d’inclusion et de respect de leur personne à ces enfants concerné·e·s par les oppressions grossophobes. 

Comptez-vos élèves, si vous avez, plus ou moins, 4 élèves pour 100 qui sont gros·ses, le compte est bon. Ce chiffre peut varier selon la zone où vous enseignez. Il y a un lien entre précarité et grosseur ce qui peut faire diminuer ou augmenter ce chiffre selon l’établissement, mais aussi selon la zone géographique. Souvent, les régions où le taux de chômage est le plus élevé sont aussi les régions où l’on retrouve le plus de personnes grosses.

La grossophobie est aussi une discrimination genrée, ce sont les femmes et les jeunes filles qui en pâtissent le plus. Par exemple, chez les filles, l’âge moyen du premier régime est de 8 ans. Mais il existe aussi d’autres impacts, par exemple, notamment au niveau de l’accès à l’embauche. En effet, selon Jean-François Amadieu : “à compétences égales, pour un poste dans l’accueil, une candidate en surpoids a six fois moins de chance [d’être embauchée]. Les principales victimes de ces discriminations sont les femmes”. Ces différences genrées se reflètent également dans les chiffres liés aux chirurgies bariatriques : 80% des personnes opérées sont des femmes, contre 20% qui sont des hommes. Les femmes ont également recours à ces chirurgies à un poids moindre que celui des hommes. La pression sur les corps des femmes est donc plus importante.

Il est donc essentiel d’agir pour diminuer au maximum les violences grossophobes que les personnes grosses peuvent subir, et cela passe également par la prévention, la sensibilisation et l’action en milieu scolaire.

Penser à l’inclusion des élèves gros·ses

Le harcèlement scolaire étant très présent chez les personnes grosses, le taux de tentatives de suicide peut être augmenté. Dans certains témoignages de harcèlement, il s’avère que l’équipe pédagogique a participé, consciemment ou non, à ce harcèlement. Il faut donc être attentif·ve à ce qui se joue dans la cour de l’établissement scolaire, mais aussi à ce qui se joue dans la salle des profs, dans les couloirs, et à l’extérieur de l’établissement. Il est essentiel de ne pas faire de remarques aux élèves, mais aussi aux collègues, sur leur poids.

Il est aussi important de préciser que ce n’est pas le rôle de l’enseignant·e d’alerter sur l’état de santé d’un·e élève. D’autant plus qu’une prise ou une perte de poids n’est pas le problème en soit, mais est souvent le symptôme de quelque chose de plus profond : un souci à la maison, à l’école, etc. Le plus important est donc d’entamer une conversation avec l’élève en question, si vous avez une relation de confiance, afin de lui permettre de poser des mots sur ses maux, s’iel le souhaite. Il est également possible de faire appel à l’équipe pluridisciplinaire, peut-être que certain·e·s de vos collègues (assistant·e·s d’éducation, infirmièr·e, assistant·e social·e, etc.) ont des ressources bienveillantes qui peuvent être pertinentes pour la situation.

L’inclusion des enfants gros·ses à la vie de l’école est un enjeu important. Cette inclusion passe par une vigilance importante dans les cours d’EPS, notamment, qui sont un terreau fertile à la grossophobie. C’est un constat qu’on a pu dresser grâce aux nombreux témoignages que nous avons reçus, mais également au travers des échanges qui ont pu avoir lieu lors de certains de nos groupes de parole. C’est un cours qui a pu laisser des marques importantes sur les personnes grosses.

Des pistes de solutions pour améliorer l’intégration des élèves gros·ses dans le cadre scolaire

    • Penser à l’agencement de vos classes. Vous devez pouvoir offrir la possibilité de se mouvoir facilement dans celles-ci. L’espace est parfois si restreint entre les tables, les chaises, etc. qu’il devient difficile pour un·e élève gros·se de se mouvoir correctement dans la classe. Ce qui lea mettra en difficulté lors de l’entrée, ou la sortie de la classe, mais aussi lorsque l’élève devra passer au tableau. L’espace est souvent restreint, on ne peut pas pousser les murs, mais il est toujours possible de faire preuve d’ingéniosité.
    • Penser aux équipements : il faut éviter à tout prix les sièges à accoudoir, les strapontins, ou encore les tablettes directement incluses à la chaise. Ces équipements peuvent empêcher les élèves gros·ses d’être installé·e·s confortablement, mais peuvent aussi parfois les blesser.
    • Présenter / étudier des figures, des personnes grosses positives dans les différentes matières. L’idéal est d’éviter au maximum les caricatures (par exemple les caricatures du capitalisme en homme gros, ou Obélix qui est un personnage qui ne pense qu’à manger et qui n’est pas très intelligent). Si vous parlez de ce genre de représentations, il est essentiel d’apporter un regard très critique. La représentation dans les médias et dans les matières étudiées est importante pour la construction de soi. Une mauvaise représentation peut détruire la confiance en soi ou donner une faible estime de soi.
    • Faire attention aux uniformes scolaires : les blouses ou les tenues de travail en établissement professionnel, par exemple, sont à penser correctement. Elles ne sont souvent pas inclusives. Souvent, quand l’établissement les fournit, celui-ci ne prévoir pas une solution ou une alternative en grande taille, ce qui peut mettre des élèves, et leurs familles, en grande difficulté, soit du point de vue économique (puisque nous avons vu qu’il y avait un rapport entre précarité et grosseur) ou au niveau de la sécurité ou du confort. Penser à une alternative prenant en compte toutes les tailles, et à un coût raisonnable peut s’avérer essentiel.
      •  

         En EPS

      • Si la possibilité existe, proposer un espace pour que les élèves puissent se changer loin du regard des autres élèves
      • Ne pas laisser passer les remarques, les moqueries liées à l’apparence physique mais aussi aux capacités sportives
      • Mettre les élèves gros·ses en chef d’équipe pour leur éviter la violence d’être choisi·e·s en dernier (et donc de creuser le fossé entre elleux et les autres élèves)
      • Prendre en compte les capacités physiques et sportives de chacun·e parce que tout le monde a des capacités différentes
      • Avoir des chasubles / dossards inclusifs. Ils sont souvent trop étroits pour les élèves gros·ses, et peuvent donc les mettre dans une situation d’embarras assez conséquente. Il est possible de réfléchir à un autre mode de différenciation des équipes : bandanas colorés, bracelets de sport colorés, etc.
      • Si vous êtes témoin des remarques de la part des autres élèves, n’hésitez pas à mettre en place des moments de médiation, de sensibilisation qui peuvent avoir lieu, par exemple, pendant une heure de vie de classe. Il est tout à fait possible de s’appuyer sur de nombreuses ressources, mais aussi sur des militant·e·s, des associations, des collectifs. 

Questions · Réponses 

 

Comment offrir une représentation positive des personnes grosses aux élèves ? Comment peut-on faire prendre conscience qu'il peut exister une certaine forme de fierté des personnes grosses et sortir du modèle victimisant ?

  • Il est possible de sortir de la victimisation par la représentation de modèles positifs. De plus en plus de célébrités sont grosses, ce qui permet d’avoir des exemples concrets qui peuvent parler aux plus jeunes. Par exemple : Lizzo, chanteuse états-unienne et Yseult, chanteuse française. En littérature, on peut également profiter du travail d’Alexandre Dumas, qui était gros. Pour les plus jeunes élèves, il est possible de s’appuyer sur la figure de Steven Universe, un héros de dessin animé, qui est gros.

    Il faut sortir de la représentation très misérabiliste souvent représentée dans les médias. Les journaux utilisent souvent des illustrations de personnes grosses en train de manger, ou de personnes grosses sans visage. Si vous étudiez ce genre d’articles en cours, il est essentiel d’apporter un regard critique. Le mieux étant d’étudier des articles qui présentent les personnes grosses correctement, sans déshumanisation.

Comment faire face à la pression grossophobe ?

En tant qu’allié-e, il est important d’agir et de faire face à ces pressions. Dire aux personnes qui tiennent des propos, ou qui ont des actions grossophobes qu’il est nécessaire de s’occuper de ce qui les regarde. Ce n’est pas évident de devoir réagir à chaque propos, à chaque action grossophobe lorsqu’on est concerné·e, ou que l’on est lea gros·se de service. Donc il est important de pouvoir s’appuyer sur d’autres personnes. Il est toujours possible, aussi, de faire un travail pédagogique auprès de ces personnes discriminantes afin de faire évoluer les mentalités. Pour savoir comment être un·e bon·ne allié·e contre la grossophobie, nous vous renvoyons vers l’article Être un(e) allié(e) non-gros(se) écrit par Edith Bernier.

Comment faire pour sensibiliser à la question de la grossophobie, sans que les élèves gros·ses ne se sentent pointé·e·s du doigt ?

Si l’atelier est amené de manière positive, il n’y aura pas de dégâts sur les élèves concerné·e·s. De plus en plus de ressources sont disponibles pour mener à bien ce genre de moments. Les personnalités grosses étant de plus en plus nombreuses, il est possible de s’appuyer dessus pour ouvrir la discussion et sortir de l’aspect négatif de la grosseur que tout le monde véhicule. Il est aussi important de signifier qu’il y a des recours contre la grossophobie et les discriminations de manière générale. La loi est du côté des personnes discriminées. Vous avez la possibilité de faire un sondage de type : “combien de personnes se sentent grosses?”, afin de mesurer la proportion de personnes qui se sentent ainsi par rapport à la proportion de personnes qui le sont réellement, ou qui sont perçues comme telles. Vous pouvez également vous tourner vers du contenu créé par les militant·e·s, les associations et les collectifs. Par exemple, le compte Instagram @labandedesgros permet de montrer les passages grossophobes dans les films.

A quel moment peut-on se considérer gros·se ? Est-ce au travers du regard des autres ?

  • Il y a déjà une différence notable à faire entre body-shaming et grossophobie. Le body-shaming c’est une pression sur les corps pour correspondre à une norme donnée. A cause du body-shaming, beaucoup de personnes se sentent grosses. Mais être gros·se ce n’est pas uniquement un ressenti. Tu peux être gros·se dans le regard des autres, sans l’être réellement.

    Ensuite, la médecine définit les personnes grosses par rapport à leur IMC, mais l’IMC est un outil pathologisant qui est dépassé et ce pour de nombreuses raisons. Il n’est pas un outil qui nous semble pertinent pour savoir qui est gros·se, ou qui ne l’est pas. 

    A Gras Politique, nous aimons bien donner l’exemple du maillot de bain, pour savoir si vous êtes gros·se : Si le 15 août, en vacances dans une sous-préfecture, tu perds ta valise. Arrives-tu à pouvoir t’acheter un maillot de bain dans lequel tu rentres ? Si oui, tu n’es pas gros·se. Être gros·se, c’est vivre des discriminations au quotidien, c’est un système d’oppressions. Aubrey Gordon (Your Fat Friend) dans Who’s fat enough to be fat ? dit que “les personnes grosses seraient l’ensemble des personnes qui sont unies par des expériences courantes et inévitables d’exclusion. Pas seulement celles qu’on a traitées de « grosse » ou « gros », car nous l’avons presque toutes et tous été au moins une fois dans notre vie, mais celles pour qui la satisfaction des besoins de base est limitée, restreinte de façon importante. Il ne s’agit pas seulement des gens qui ont de la difficulté à trouver des vêtements qui leur plaisent, mais de celles et ceux qui ont de la difficulté à trouver des vêtements tout court. Et, plus encore que les gens qui se sentent mal à l’aise dans les bus ou les avions, certains sont publiquement ridiculisés pour avoir osé utiliser le transport collectif.” (traduction par Edith Bernier, dans Grosse, et puis ?).

Pourquoi on ne voit que très peu de professeur·e·s gros·ses ?

  • Comme nous le disions précédemment, il y a un lien entre personnes grosses et personnes précaires. Et, de nombreuses études ont montré que les personnes précaires s’arrêtent souvent assez tôt dans les études. Ce qui peut expliquer une partie du manque de représentation des personnes grosses dans le professorat. Pour aller plus loin, vous pouvez vous tourner vers la théorie de la reproduction sociale développée par Pierre Bourdieu. 

    Il y aussi probablement une part de prophétie auto-réalisatrice. Il existe un cliché comme quoi les personnes gros·ses seraient bêtes, et qui est lié au fait que la grosseur serait une maladie de la volonté. A force de devoir faire face à ce cliché, peut-être que certaines personnes l’ont intériorisé et s’auto-sabotent, ce qui pourrait peut-être expliquer qu’il y ait moins de personnes grosses dans les études supérieures, parce qu’une partie s’arrêterait plus tôt. 

    Le harcèlement grossophobe que peuvent vivre les personnes grosses peut aussi jouer dans ce phénomène. Le harcèlement peut entraîner une phobie scolaire, des anxiétés sociales, un manque de confiance en soi, qui peuvent venir impacter la réalisation des études supérieures. L’école est un endroit qui peut être très compliqué pour les personnes grosses.

Comment utiliser le mot “gros·se” en milieu scolaire, alors qu’il s’agit, pour l’instant, d’une utilisation très politique ?

l vaut mieux vaut bannir l’utilisation des mots “rond”, “voluptueux”, etc. Ce sont des termes qui ont tendance à vouloir arrondir les angles, et sont souvent assez agaçants à entendre.

Les termes médicalisants sont aussi à éviter, dans la mesure du possible (surpoids, obésité, etc.). D’autant plus que l’expression “sur-poids” sous-entendrait qu’il y aurait un poids, un sous-poids et un sur-poids.

Il n’y a pas vraiment de réponse idéale, le débat existe même au sein des milieux militants. Il est également toujours compliqué de s’entendre dire que l’on est gros·se lorsqu’on n’est pas sensibilisé·e à l’utilisation de ce vocabulaire. Et sur des populations jeunes, le mot “gros·se” peut faire des dégâts puisqu’il a encore une connotation négative

Si l’occasion d’en discuter avec les élèves se présente, il peut être judicieux d’ouvrir la discussion avec une question du type “comment préférez-vous qu’on qualifie les personnes grosses ?”. Peut-être qu’un débat très intéressant sur le vocabulaire s’ouvrira. Lors de cette discussion vous pouvez tout à fait préciser qu’il y a des personnes qui ne voient aucun souci à l’utilisation de l’adjectif “gros·se” pour se désigner, comme on pourrait utiliser “brun·e”, ou “grand·e”. Ce temps de discussion peut aussi permettre de sensibiliser les élèves à la question de la grossophobie.

Comment réagir face à l’infirmièr·e scolaire qui conseille un rééquilibrage alimentaire à des élèves ?

Déjà, il est possible de commencer par lui rappeler que l’expression “rééquilibrage alimentaire” n’est que la nouvelle expression pour parler de régimes, et que 95% des régimes sont des échecs

Il est dangereux de mettre un·e enfant / adolescent·e au régime, puisqu’iel n’a pas fini sa croissance, et que ces restrictions alimentaires peuvent amener des carences, mais peuvent aussi être la porte ouverte aux troubles du comportement alimentaire (TCA). Selon le Ministère des Solidarités et de la Santé, les TCA concernent environ 600 000 adolescent·e·s et jeunes adultes entre 12 et 35 ans dont 90% de jeunes filles ou de femmes. Il y a également une prévalence des tentatives de suicide chez les personnes qui développent ce genre de troubles.

Le régime, ou rééquilibrage alimentaire, n’est pas la solution. La prise, ou la perte de poids n’est souvent que le symptôme de quelque chose d’autre et n’est pas révélateur de l’état de santé. Le rôle de l’infirmière scolaire, dans ce cas là, aurait été, si iel avait été formé à la question de la grossophobie, d’aller chercher plus loin que seulement le changement de poids.

Il est également possible renvoyer lea professionnel·le de la santé en milieu scolaire vers les ressources que nous avons produites, et notamment :

  • Quels conseils donneriez-vous à des jeunes filles pour ne pas subir le body-shaming, toutes les remarques liées à leurs corps ou la pression de la norme ?

C’est un travail de longue haleine, on ne se réveille pas un matin en ayant plus rien à faire de ce genre de remarques. L’expérience et l’âge te permettent de t’endurcir. 

Mais il est important de ne pas laisser passer ce genre de remarques, et de ne pas banaliser ce genre de discours

Si la personne concernée n’a pas l’énergie, il faudrait qu’elle puisse s’appuyer sur une personne soutien, sur un·e allié·e. Si on n’est pas concerné·e il est important de prendre la liberté d’agir dans ces cas-là protéger, sensibiliser, rassurerFaire communauté et solidarité est important, et permet de faire face plus facilement à la grossophobie et au body-shaming. 

Déconstruire sa grossophobie intériorisée peut aussi être une étape importante, puisque celle-ci peut nous rendre plus vulnérable face à ces attaques. Être bienveillant·e avec soi-même est la clé. Dans tous les cas, il ne faut surtout pas laisser passer les propos et les actes grossophobes, et stigmatisants.

N’hésitez pas à nous faire part de vos retours d’expérience ! 

[/bt_bb_text]

Introduction

La grossophobie en milieu scolaire est un élément important dans nos luttes contre les discriminations grossophobes. En effet, selon l’OMS, 63% des enfants gros·ses risquent d’être victimes de harcèlement et 75% des enfants de moins de 10 ans associent le fait d’être gros·se à quelque chose de négatif. Les personnes grosses représentent environ 15,3% de la population adulte française et 4% des enfants âgé·e·s de 6 à 17 ans. Il est donc essentiel de donner un sentiment d’inclusion et de respect de leur personne à ces enfants concerné·e·s par les oppressions grossophobes. 

Comptez-vos élèves, si vous avez, plus ou moins, 4 élèves pour 100 qui sont gros·ses, le compte est bon. Ce chiffre peut varier selon la zone où vous enseignez. Il y a un lien entre précarité et grosseur ce qui peut faire diminuer ou augmenter ce chiffre selon l’établissement, mais aussi selon la zone géographique. Souvent, les régions où le taux de chômage est le plus élevé sont aussi les régions où l’on retrouve le plus de personnes grosses.

La grossophobie est aussi une discrimination genrée, ce sont les femmes et les jeunes filles qui en pâtissent le plus. Par exemple, chez les filles, l’âge moyen du premier régime est de 8 ans. Mais il existe aussi d’autres impacts, par exemple, notamment au niveau de l’accès à l’embauche. En effet, selon Jean-François Amadieu : “à compétences égales, pour un poste dans l’accueil, une candidate en surpoids a six fois moins de chance [d’être embauchée]. Les principales victimes de ces discriminations sont les femmes”. Ces différences genrées se reflètent également dans les chiffres liés aux chirurgies bariatriques : 80% des personnes opérées sont des femmes, contre 20% qui sont des hommes. Les femmes ont également recours à ces chirurgies à un poids moindre que celui des hommes. La pression sur les corps des femmes est donc plus importante.

Il est donc essentiel d’agir pour diminuer au maximum les violences grossophobes que les personnes grosses peuvent subir, et cela passe également par la prévention, la sensibilisation et l’action en milieu scolaire.

[/bt_bb_column][/bt_bb_row]

Penser à l’inclusion des élèves gros·ses

Le harcèlement scolaire étant très présent chez les personnes grosses, le taux de tentatives de suicide peut être augmenté. Dans certains témoignages de harcèlement, il s’avère que l’équipe pédagogique a participé, consciemment ou non, à ce harcèlement. Il faut donc être attentif·ve à ce qui se joue dans la cour de l’établissement scolaire, mais aussi à ce qui se joue dans la salle des profs, dans les couloirs, et à l’extérieur de l’établissement. Il est essentiel de ne pas faire de remarques aux élèves, mais aussi aux collègues, sur leur poids.

Il est aussi important de préciser que ce n’est pas le rôle de l’enseignant·e d’alerter sur l’état de santé d’un·e élève. D’autant plus qu’une prise ou une perte de poids n’est pas le problème en soit, mais est souvent le symptôme de quelque chose de plus profond : un souci à la maison, à l’école, etc. Le plus important est donc d’entamer une conversation avec l’élève en question, si vous avez une relation de confiance, afin de lui permettre de poser des mots sur ses maux, s’iel le souhaite. Il est également possible de faire appel à l’équipe pluridisciplinaire, peut-être que certain·e·s de vos collègues (assistant·e·s d’éducation, infirmièr·e, assistant·e social·e, etc.) ont des ressources bienveillantes qui peuvent être pertinentes pour la situation.

L’inclusion des enfants gros·ses à la vie de l’école est un enjeu important. Cette inclusion passe par une vigilance importante dans les cours d’EPS, notamment, qui sont un terreau fertile à la grossophobie. C’est un constat qu’on a pu dresser grâce aux nombreux témoignages que nous avons reçus, mais également au travers des échanges qui ont pu avoir lieu lors de certains de nos groupes de parole. C’est un cours qui a pu laisser des marques importantes sur les personnes grosses.

Des pistes de solutions pour améliorer l’intégration des élèves gros·ses dans le cadre scolaire

    • Penser à l’agencement de vos classes. Vous devez pouvoir offrir la possibilité de se mouvoir facilement dans celles-ci. L’espace est parfois si restreint entre les tables, les chaises, etc. qu’il devient difficile pour un·e élève gros·se de se mouvoir correctement dans la classe. Ce qui lea mettra en difficulté lors de l’entrée, ou la sortie de la classe, mais aussi lorsque l’élève devra passer au tableau. L’espace est souvent restreint, on ne peut pas pousser les murs, mais il est toujours possible de faire preuve d’ingéniosité.
    • Penser aux équipements : il faut éviter à tout prix les sièges à accoudoir, les strapontins, ou encore les tablettes directement incluses à la chaise. Ces équipements peuvent empêcher les élèves gros·ses d’être installé·e·s confortablement, mais peuvent aussi parfois les blesser.
    • Présenter / étudier des figures, des personnes grosses positives dans les différentes matières. L’idéal est d’éviter au maximum les caricatures (par exemple les caricatures du capitalisme en homme gros, ou Obélix qui est un personnage qui ne pense qu’à manger et qui n’est pas très intelligent). Si vous parlez de ce genre de représentations, il est essentiel d’apporter un regard très critique. La représentation dans les médias et dans les matières étudiées est importante pour la construction de soi. Une mauvaise représentation peut détruire la confiance en soi ou donner une faible estime de soi.
    • Faire attention aux uniformes scolaires : les blouses ou les tenues de travail en établissement professionnel, par exemple, sont à penser correctement. Elles ne sont souvent pas inclusives. Souvent, quand l’établissement les fournit, celui-ci ne prévoir pas une solution ou une alternative en grande taille, ce qui peut mettre des élèves, et leurs familles, en grande difficulté, soit du point de vue économique (puisque nous avons vu qu’il y avait un rapport entre précarité et grosseur) ou au niveau de la sécurité ou du confort. Penser à une alternative prenant en compte toutes les tailles, et à un coût raisonnable peut s’avérer essentiel.
      •  

         En EPS

      • Si la possibilité existe, proposer un espace pour que les élèves puissent se changer loin du regard des autres élèves
      • Ne pas laisser passer les remarques, les moqueries liées à l’apparence physique mais aussi aux capacités sportives
      • Mettre les élèves gros·ses en chef d’équipe pour leur éviter la violence d’être choisi·e·s en dernier (et donc de creuser le fossé entre elleux et les autres élèves)
      • Prendre en compte les capacités physiques et sportives de chacun·e parce que tout le monde a des capacités différentes
      • Avoir des chasubles / dossards inclusifs. Ils sont souvent trop étroits pour les élèves gros·ses, et peuvent donc les mettre dans une situation d’embarras assez conséquente. Il est possible de réfléchir à un autre mode de différenciation des équipes : bandanas colorés, bracelets de sport colorés, etc.
      • Si vous êtes témoin des remarques de la part des autres élèves, n’hésitez pas à mettre en place des moments de médiation, de sensibilisation qui peuvent avoir lieu, par exemple, pendant une heure de vie de classe. Il est tout à fait possible de s’appuyer sur de nombreuses ressources, mais aussi sur des militant·e·s, des associations, des collectifs. 

[/bt_bb_section]

Questions · Réponses 

 

Comment offrir une représentation positive des personnes grosses aux élèves ? Comment peut-on faire prendre conscience qu'il peut exister une certaine forme de fierté des personnes grosses et sortir du modèle victimisant ?

  • Il est possible de sortir de la victimisation par la représentation de modèles positifs. De plus en plus de célébrités sont grosses, ce qui permet d’avoir des exemples concrets qui peuvent parler aux plus jeunes. Par exemple : Lizzo, chanteuse états-unienne et Yseult, chanteuse française. En littérature, on peut également profiter du travail d’Alexandre Dumas, qui était gros. Pour les plus jeunes élèves, il est possible de s’appuyer sur la figure de Steven Universe, un héros de dessin animé, qui est gros.

    Il faut sortir de la représentation très misérabiliste souvent représentée dans les médias. Les journaux utilisent souvent des illustrations de personnes grosses en train de manger, ou de personnes grosses sans visage. Si vous étudiez ce genre d’articles en cours, il est essentiel d’apporter un regard critique. Le mieux étant d’étudier des articles qui présentent les personnes grosses correctement, sans déshumanisation.

Comment faire face à la pression grossophobe ?

En tant qu’allié-e, il est important d’agir et de faire face à ces pressions. Dire aux personnes qui tiennent des propos, ou qui ont des actions grossophobes qu’il est nécessaire de s’occuper de ce qui les regarde. Ce n’est pas évident de devoir réagir à chaque propos, à chaque action grossophobe lorsqu’on est concerné·e, ou que l’on est lea gros·se de service. Donc il est important de pouvoir s’appuyer sur d’autres personnes. Il est toujours possible, aussi, de faire un travail pédagogique auprès de ces personnes discriminantes afin de faire évoluer les mentalités. Pour savoir comment être un·e bon·ne allié·e contre la grossophobie, nous vous renvoyons vers l’article Être un(e) allié(e) non-gros(se) écrit par Edith Bernier.

Comment faire pour sensibiliser à la question de la grossophobie, sans que les élèves gros·ses ne se sentent pointé·e·s du doigt ?

Si l’atelier est amené de manière positive, il n’y aura pas de dégâts sur les élèves concerné·e·s. De plus en plus de ressources sont disponibles pour mener à bien ce genre de moments. Les personnalités grosses étant de plus en plus nombreuses, il est possible de s’appuyer dessus pour ouvrir la discussion et sortir de l’aspect négatif de la grosseur que tout le monde véhicule. Il est aussi important de signifier qu’il y a des recours contre la grossophobie et les discriminations de manière générale. La loi est du côté des personnes discriminées. Vous avez la possibilité de faire un sondage de type : “combien de personnes se sentent grosses?”, afin de mesurer la proportion de personnes qui se sentent ainsi par rapport à la proportion de personnes qui le sont réellement, ou qui sont perçues comme telles. Vous pouvez également vous tourner vers du contenu créé par les militant·e·s, les associations et les collectifs. Par exemple, le compte Instagram @labandedesgros permet de montrer les passages grossophobes dans les films.

A quel moment peut-on se considérer gros·se ? Est-ce au travers du regard des autres ?

  • Il y a déjà une différence notable à faire entre body-shaming et grossophobie. Le body-shaming c’est une pression sur les corps pour correspondre à une norme donnée. A cause du body-shaming, beaucoup de personnes se sentent grosses. Mais être gros·se ce n’est pas uniquement un ressenti. Tu peux être gros·se dans le regard des autres, sans l’être réellement.

    Ensuite, la médecine définit les personnes grosses par rapport à leur IMC, mais l’IMC est un outil pathologisant qui est dépassé et ce pour de nombreuses raisons. Il n’est pas un outil qui nous semble pertinent pour savoir qui est gros·se, ou qui ne l’est pas. 

    A Gras Politique, nous aimons bien donner l’exemple du maillot de bain, pour savoir si vous êtes gros·se : Si le 15 août, en vacances dans une sous-préfecture, tu perds ta valise. Arrives-tu à pouvoir t’acheter un maillot de bain dans lequel tu rentres ? Si oui, tu n’es pas gros·se. Être gros·se, c’est vivre des discriminations au quotidien, c’est un système d’oppressions. Aubrey Gordon (Your Fat Friend) dans Who’s fat enough to be fat ? dit que “les personnes grosses seraient l’ensemble des personnes qui sont unies par des expériences courantes et inévitables d’exclusion. Pas seulement celles qu’on a traitées de « grosse » ou « gros », car nous l’avons presque toutes et tous été au moins une fois dans notre vie, mais celles pour qui la satisfaction des besoins de base est limitée, restreinte de façon importante. Il ne s’agit pas seulement des gens qui ont de la difficulté à trouver des vêtements qui leur plaisent, mais de celles et ceux qui ont de la difficulté à trouver des vêtements tout court. Et, plus encore que les gens qui se sentent mal à l’aise dans les bus ou les avions, certains sont publiquement ridiculisés pour avoir osé utiliser le transport collectif.” (traduction par Edith Bernier, dans Grosse, et puis ?).

Pourquoi on ne voit que très peu de professeur·e·s gros·ses ?

  • Comme nous le disions précédemment, il y a un lien entre personnes grosses et personnes précaires. Et, de nombreuses études ont montré que les personnes précaires s’arrêtent souvent assez tôt dans les études. Ce qui peut expliquer une partie du manque de représentation des personnes grosses dans le professorat. Pour aller plus loin, vous pouvez vous tourner vers la théorie de la reproduction sociale développée par Pierre Bourdieu. 

    Il y aussi probablement une part de prophétie auto-réalisatrice. Il existe un cliché comme quoi les personnes gros·ses seraient bêtes, et qui est lié au fait que la grosseur serait une maladie de la volonté. A force de devoir faire face à ce cliché, peut-être que certaines personnes l’ont intériorisé et s’auto-sabotent, ce qui pourrait peut-être expliquer qu’il y ait moins de personnes grosses dans les études supérieures, parce qu’une partie s’arrêterait plus tôt. 

    Le harcèlement grossophobe que peuvent vivre les personnes grosses peut aussi jouer dans ce phénomène. Le harcèlement peut entraîner une phobie scolaire, des anxiétés sociales, un manque de confiance en soi, qui peuvent venir impacter la réalisation des études supérieures. L’école est un endroit qui peut être très compliqué pour les personnes grosses.

Comment utiliser le mot “gros·se” en milieu scolaire, alors qu’il s’agit, pour l’instant, d’une utilisation très politique ?

l vaut mieux vaut bannir l’utilisation des mots “rond”, “voluptueux”, etc. Ce sont des termes qui ont tendance à vouloir arrondir les angles, et sont souvent assez agaçants à entendre.

Les termes médicalisants sont aussi à éviter, dans la mesure du possible (surpoids, obésité, etc.). D’autant plus que l’expression “sur-poids” sous-entendrait qu’il y aurait un poids, un sous-poids et un sur-poids.

Il n’y a pas vraiment de réponse idéale, le débat existe même au sein des milieux militants. Il est également toujours compliqué de s’entendre dire que l’on est gros·se lorsqu’on n’est pas sensibilisé·e à l’utilisation de ce vocabulaire. Et sur des populations jeunes, le mot “gros·se” peut faire des dégâts puisqu’il a encore une connotation négative

Si l’occasion d’en discuter avec les élèves se présente, il peut être judicieux d’ouvrir la discussion avec une question du type “comment préférez-vous qu’on qualifie les personnes grosses ?”. Peut-être qu’un débat très intéressant sur le vocabulaire s’ouvrira. Lors de cette discussion vous pouvez tout à fait préciser qu’il y a des personnes qui ne voient aucun souci à l’utilisation de l’adjectif “gros·se” pour se désigner, comme on pourrait utiliser “brun·e”, ou “grand·e”. Ce temps de discussion peut aussi permettre de sensibiliser les élèves à la question de la grossophobie.

Comment réagir face à l’infirmièr·e scolaire qui conseille un rééquilibrage alimentaire à des élèves ?

Déjà, il est possible de commencer par lui rappeler que l’expression “rééquilibrage alimentaire” n’est que la nouvelle expression pour parler de régimes, et que 95% des régimes sont des échecs

Il est dangereux de mettre un·e enfant / adolescent·e au régime, puisqu’iel n’a pas fini sa croissance, et que ces restrictions alimentaires peuvent amener des carences, mais peuvent aussi être la porte ouverte aux troubles du comportement alimentaire (TCA). Selon le Ministère des Solidarités et de la Santé, les TCA concernent environ 600 000 adolescent·e·s et jeunes adultes entre 12 et 35 ans dont 90% de jeunes filles ou de femmes. Il y a également une prévalence des tentatives de suicide chez les personnes qui développent ce genre de troubles.

Le régime, ou rééquilibrage alimentaire, n’est pas la solution. La prise, ou la perte de poids n’est souvent que le symptôme de quelque chose d’autre et n’est pas révélateur de l’état de santé. Le rôle de l’infirmière scolaire, dans ce cas là, aurait été, si iel avait été formé à la question de la grossophobie, d’aller chercher plus loin que seulement le changement de poids.

Il est également possible renvoyer lea professionnel·le de la santé en milieu scolaire vers les ressources que nous avons produites, et notamment :

  • Quels conseils donneriez-vous à des jeunes filles pour ne pas subir le body-shaming, toutes les remarques liées à leurs corps ou la pression de la norme ?

C’est un travail de longue haleine, on ne se réveille pas un matin en ayant plus rien à faire de ce genre de remarques. L’expérience et l’âge te permettent de t’endurcir. 

Mais il est important de ne pas laisser passer ce genre de remarques, et de ne pas banaliser ce genre de discours

Si la personne concernée n’a pas l’énergie, il faudrait qu’elle puisse s’appuyer sur une personne soutien, sur un·e allié·e. Si on n’est pas concerné·e il est important de prendre la liberté d’agir dans ces cas-là protéger, sensibiliser, rassurerFaire communauté et solidarité est important, et permet de faire face plus facilement à la grossophobie et au body-shaming. 

Déconstruire sa grossophobie intériorisée peut aussi être une étape importante, puisque celle-ci peut nous rendre plus vulnérable face à ces attaques. Être bienveillant·e avec soi-même est la clé. Dans tous les cas, il ne faut surtout pas laisser passer les propos et les actes grossophobes, et stigmatisants.

Les cours de yogras de Gras Politique

Contraction de Yoga et de Gras, Le Yogras est une pratique du yoga adaptée à nous, les personnes grosses.

Le yogras est ouvert principalement aux personnes grosses qui souhaitent bénéficier d’un cours de yoga en toute bienveillance, et surtout adapté à leurs capacités et mobilités. Nos professeures sont désireuses de s’adapter à tout·te·s les participant·e·s.

Gras Politique organise ces cours depuis 2016. D’abord en présentiel à Paris, le Yogras se déroule maintenant en visio-conférence via le service Zoom.

https://graspolitique.fr/wp-content/uploads/2022/01/yograaaas.png

Tous les mercredis soir

Le yogras a lieu toutes les mercredis soir en visio-conférence. Nous utilisons le logiciel Zoom pour mettre en place les cours. Ils sont animés en alternance par Alice jusqu’à la fin du mois de janvier, puis par Béa jusqu’à la fin de l’année qui s’adaptent à vos besoins.

Avec peu de matériel

Un tapis de yoga, ou un tapis confortable qui ne glisse pas, ni sur le sol, ni sur le corps.

Une chaise confortable qui pourra vous aider pour certaines postures

1 ou 2 blocs. Si vous n’en avez pas, des gros livres peuvent faire l’affaire.

Une couverture et des vêtements chauds pour les temps de médiation / relaxation

Pour les cours de Béa : 1 ceinture d’au moins 2 mètres. 1foulard peut faire l’affaire

Le Yogras c'est qui ?

Béa

Française établie à Madrid depuis 2008, je me suis d’abord formée en yoga kundalini pour mes propres intérêts et j’ai rapidement compris que l’ultime apprentissage passait par transmettre mes connaissances en donnant des cours. Petit à petit je me suis spécialisée dans un public aux besoins différents : lésion de la moelle épinière, sclérose en plaque, démence, autisme… rendre accessible le yoga à tout type de corps et de tête est devenu une priorité.
Je m’efforce aussi à faire de mes cours des espaces « safe » pour tous les genres, identités et religions.
Le but de la pratique de yoga est de sortir de sa zone de confort mais pour ça il faut avant tout établir une vraie zone de confort.

Alice

J’ai découvert le yoga au début de mon adolescence. Au début simple activité physique extra scolaire, je me suis ensuite rendue compte des bienfaits de cette discipline et de son importance pour moi dans ma vie de jeune adulte. Après 10 ans de pratique, j’ai décidé de devenir professeure de yoga à mon tour pour transmettre tout ce que j’ai appris, accordée avec mes valeurs : je souhaite rendre le yoga plus inclusif.

Mes cours sont axés autour de l’inclusivité : pas de discours moralisateurs sur à quoi il faudrait ressembler, ce qu’il faudrait faire, etc. Juste une bulle safe pour avoir un moment pour soi sans compétition et avec des options pour tout le monde.

Cassandre

Pour moi ces séances agissent à deux niveaux. Bien sur physiquement c’est bon de recommencer à bouger de manière adaptée à nos différents coprs et particularités. Il y a toujours une solution et Béa est tellement profondément engagée dans ce process ! Mais encore plus la communauté, la sécurité d’un groupe sans jugement ultra safe. Après le premier cours j’en ai pleuré de soulagement et de gratitude donc merci !  

Anonyme

Ca fait du bien ! J’ai toujours été hyper mal à l’aise quand je faisais du yoga, et ça fait du bien d’être dans un cadre bienveillant pour ce type d’activité ! :)

Florence

J’ai participé aux cours avec Alice l’année dernière et ça m’a fait énormément de bien. Un grand merci à Alice et à vous pour ces cours