Face à la déferlante des médicaments amaigrissants, la Fédération de lutte anti-grossophobie tire la sonnette d’alarme.
Ces dernières années, les traitements injectables contre l’“obésité”, comme l’Ozempic ou le Wegovy, ont envahi les médias et les cabinets médicaux. Présentés comme des solutions miracles, ils s’inscrivent dans une logique marchande qui exploite la haine des corps gros.
Dans une tribune publiée sur Mediapart, la Fédération de lutte anti-grossophobie, un collectif formé d’associations et de militant.e.s luttant contre la grossophobie, appelle à refuser que la perte de poids devienne une politique de santé publique.
Grossophobie systémique, profits colossaux
Les personnes grosses subissent chaque jour des discriminations : refus de soins, moqueries, pathologisation systématique. Cette violence crée un terrain idéal pour que les laboratoires pharmaceutiques imposent leurs produits comme “solutions”.
Le marché de la minceur prospère sur une société malade de sa haine des gros·ses. Et pendant qu’on promet un “nouveau corps”, on oublie de garantir un accès égal aux soins, du matériel médical adapté ou une réelle écoute des patient·es.
Promesses miracles, risques bien réels
Ces traitements, censés “réguler l’appétit”, provoquent des effets secondaires graves : nausées, carences, perte de masse musculaire, pancréatites aiguës, troubles digestifs, voire décès.
Au Royaume-Uni, plus d’un million et demi de personnes utilisent ces médicaments ; les autorités y recensent des centaines d’hospitalisations et plusieurs morts.
À cela s’ajoutent les conséquences psychiques : troubles anxieux, dépression, comportements suicidaires.
Derrière le discours du “bien-être”, il y a donc une violence médicale et symbolique.
Et une idée fausse : maigrir ne rend pas forcément en meilleure santé.
Changer de paradigme
L’IMC ne dit rien des inégalités d’accès aux soins, des conditions de vie, de la santé mentale ou du stress social.
Refuser la perte de poids comme politique publique, c’est :
- revendiquer une santé fondée sur la dignité et l’inclusion ;
- former les soignant·es à la lutte contre la grossophobie ;
- adapter les équipements médicaux à tous les gabarits ;
- interdire le marketing mensonger des produits amaigrissants ;
- et surtout, écouter les personnes concernées.
Pour une santé qui soigne, pas qui humilie
Tant que la santé publique restera obsédée par la minceur, elle participera à la violence grossophobe.
Ce que nous défendons, c’est une santé pour toutes et tous, libérée des injonctions à la perte de poids, centrée sur le bien-être, l’accès, la justice et la dignité.
📎 Lire la tribune complète sur Mediapart :
Refuser la perte de poids comme politique de santé publique


